Les pratiques non conventionnelles à viséee thérapeutique

En 2009, les pouvoirs publics français ont mis en place un groupe d’appui technique (GAT) dont la mission est de travailler sur les pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques (PNCAVT). Cette initiative fait suite entre autres aux préoccupations émises par la Mission interministérielle de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires (Miviludes) dans son rapport de 2008.

_ Ce groupe d’appui se donne pour but principal d’informer la population sur ces pratiques. Il dresse un constat similaire à celui de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) qui, dès 2002, mettait en avant la nécessité de s’intéresser aux médecines non conventionnelles devant leur développement croissant.

Définitions

L’OMS définit la médecine non conventionnelle ainsi : « ensemble de pratique de santé qui ne font pas partie de la tradition du pays même ou ne sont pas intégrées à son système de santé dominant. »
_ Pour le parlement européen, il s’agit de « toutes les pratiques thérapeutiques non fondées sur les données actuelles de la connaissance scientifique et/ou sur des travaux de méthodologie rigoureuse et contrôlée, effectués par des expérimentateurs indépendants de tout intérêt lucratif quelconque ».[1]
_ Il n’existe pas à ce jour en France de liste exhaustive les regroupant.

Critères

Selon le GAT, les pratiques non conventionnelles s’appuient sur des caractéristiques communes qui permettent de les reconnaître :

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La Saga des Mormons : de Joseph Smith à Mitt Romney

«Si j’évoque ce matin l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours, je ne suis pas sûr que la majorité d’entre vous, mes chers auditeurs, situe exactement cette religion spécifique. Mais si je vous dis qu’il s’agit en réalité des Mormons, j’imagine et j’escompte que votre curiosité va s’éveiller. Et cela d’autant plus qu’une actualité toute récente est propre à l’aiguiser doublement.

En janvier dernier, la presse a relaté les débats très vifs survenus dans la perspective de l’ouverture du premier temple mormon en France, au Chesnay, près de Versailles, signe possible du développement d’une influence accrue dans notre pays. Et d’autre part, nous avons appris que le prochain adversaire républicain de Barack Obama à l’élection présidentielle de novembre, allait être très probablement Mitt Romney, et que celui-ci était mormon, fidèle d’une croyance et d’une communauté vieille de près de deux siècles, qui rassemblent 1% seulement des Américains mais dont l’influence dépasse largement ce chiffre.
À partir de quoi surgissent bien des questions que l’Histoire, avec ses surprises et ses continuités, doit pouvoir contribuer à éclairer – ce que nous allons nous efforcer de faire ce matin avec Denis Lacorne, directeur de recherche au CERI de Sciences Po – le Centre d’études et de recherches internationales -, éminent spécialiste, entre autres, des religions aux États-Unis. Quelle est l’originalité de celle des Mormons, parfois dénoncée comme une secte aux pratiques étranges, au premier rang desquelles la polygamie ? Quel est le ciment de sa permanence, quel est le ressort de son expansion internationale ? Quelles sont ses relations avec le capitalisme, sa vision de la société idéale ? Quel est son poids politique, au-dedans et au-dehors du pays où elle est née ? Et plus précisément, quelle portée pourrait avoir, multiforme, une éventuelle accession d’un mormon à la Maison Blanche ? Jean-Noël Jeanneney»

Programmation sonore :

 

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Les tribulations scientologues au Maroc

En 1967, le fondateur de la Scientologie, Ron Hubbard, décida de créer une organisation ayant autorité sur toutes les organisations scientologues, la Sea Org. Il fit l’acquisition d’une flotte de trois bateaux, embarquant 400 de ses adeptes à qui il promettait la « vie cosmique éternelle ».

Ils prirent la mer pour « échapper aux forces du mal.
A partir de 1969, Ron Hubbard avait jeté son dévolu sur le royaume du Maroc. Il entama « une véritable odyssée » le long des côtes marocaines, ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention du vice-consul des Etats-Unis à Casablanca.

En 1971, la mort dans des conditions mystérieuses de Susan Meister[Susan Meister fut retrouvée morte, une balle dans le front. Son décès passa pour un suicide mais cela fut contesté par ses proches :
_ http://www.xenu-directory.net/mirrors/www.whyaretheydead.net/susan_meister/index.html
_ http://theyshouldnothavedied.wordpress.com/2010/11/13/susan-meister/
_ http://www.youtube.com/watch?v=wp6uh_mKLbA]], une jeune adepte américaine allait à nouveau attirer l’attention des autorités consulaires. Le diplomate américain s’interrogeait alors sur la présence à Casablanca de scientologues, un « ramassis de cinglés » selon lui.

La mort de la jeune femme restera une énigme.

L’épouse de Ron Hubbard, Mary Sue, loua une maison confortable à Tanger. Dans l’ouvrage « Le Gourou démasqué » on peut lire que « Hubbard rêvait toujours d’un pays amical où implanter la Scientologie » et le Maroc lui inspirait alors « une convoitise croissante ». Le roi Hassan II traversait alors une crise politique et Hubbard souhaitait l’aider à « démasquer les traîtres de son entourage » et gagner ainsi sa « gratitude » !

Dans cet objectif, La Sea Org installa « une base à terre » près de Tanger dans un immeuble situé sur la route de l’aéroport. Une enseigne y annonçait une société : OTC (Operation and Transport Corporation, Ltd. L’OTC s’efforça d’infiltrer l’administration marocaine. Deux scientologues furent chargés d’une « formation » d’agents de la poste marocaine.

Sauf que le projet tourna court car les stagiaires désertèrent au bout d’un mois, effrayés par les techniques de la Scientologie et « le code d’éthique » de Ron Hubbard qui mentionnait la haute trahison « s’ils n’appliquaient pas à la lettre ses directives » !

Par la suite, Ron Hubbard fit d’autres tentatives auprès du général Oufkir, ministre de la Défense d’Hassan II. Il avait dans l’idée de faire auditer les cadres de l’armée grâce à l’électromètre !

D’autres manœuvres eurent lieu en direction de la police secrète. L’OTC organisa des cours pour apprendre aux policiers et aux agents de renseignement à détecter les « individus politiquement subversifs ». Mais la formation des policiers tourna « à la débandade ». Ils étaient affolés par les révélations éventuelles de l’électromètre.

En 1972, les projets marocains de Hubbard capotèrent à cause de la justice française qui envisageait de demander au Maroc l’extradition de Hubbard accusé de malversations en France.

Les projets capotèrent surtout car il se produisit une seconde tentative de coup d’Etat contre Hassan II qui coûta la vie au Général Oufkir.

Hubbard décida qu’il était temps de prendre le large. Tout le matériel récupérable et tous les documents furent embarqués à la hâte.

 

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