La Conférence des évêques de France (CEF) refuse de rendre public un rapport doctrinal consacré à l’Alliance des cœurs unis (ACU), une association catholique mystique fondée par une voyante autoproclamée et soupçonnée de dérives. Cette décision alimente l’incompréhension et les critiques de fidèles qui avaient saisi l’Église pour obtenir un avis clair sur la conformité des enseignements du mouvement.
Créée par Gaétane de Lacoste Lareymondie, qui se fait appeler Virginie, l’ACU revendique environ 3 000 membres. La fondatrice affirme recevoir, depuis 1994, des messages de la Vierge Marie et du Christ. Ses écrits, marqués par un imaginaire mystique et des références royalistes, interrogent certains catholiques sur leur compatibilité avec la doctrine officielle. L’association gravite dans des milieux traditionalistes et compte des soutiens influents.
Saisie en 2024 par plusieurs signalements, la commission doctrinale de la CEF a remis ses conclusions à Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, qui accompagne l’ACU et l’a reconnue comme association de fidèles. Mais contrairement à ce qui avait été initialement demandé, le rapport ne sera pas publié. L’actuel président de la commission, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, affirme que sa mission consiste à éclairer les évêques, non à communiquer publiquement ses avis. Cette position contraste avec de précédentes déclarations et nourrit les soupçons d’opacité au sein de l’épiscopat.
Selon une source ayant consulté le rapport, celui-ci ne validerait pas pleinement les récits de la fondatrice, jugés théologiquement fragiles, sans pour autant révéler d’éléments spectaculaires. Plusieurs observateurs redoutent que l’Église hésite à désavouer publiquement un évêque engagé auprès du mouvement.
Au-delà des questions doctrinales, ce sont d’éventuelles dérives sectaires qui inquiètent. D’anciens membres évoquent des mécanismes d’emprise et un rituel d’engagement radical. Si aucun élément ne permet, à ce stade, de qualifier l’ACU de secte, des signalements ont été transmis à la Miviludes et au parquet. Une procédure judiciaire est en cours.
En l’absence de prise de position publique claire, le silence de l’Église alimente toutes les hypothèses. Pour certains théologiens, « ne rien dire revient à laisser le champ libre aux interprétations ».
(Source : Actu.fr, 11.02.2026)
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