La santé mentale cible des charlatans 

Les problèmes d’accès aux soins, l’errance médicale exposent les personnes en souffrance psychique à des propositions pseudo-médicales pouvant les conduire à s’éloigner de la médecine conventionnelle et entraîner un retard de prise en charge préjudiciable.

Selon la Miviludes, 37 % des signalements reçus entre 2022 et 2024 concernent le secteur de la santé, devenu un marché lucratif. En ce qui concerne la santé mentale, de nombreuses personnes sans formation prétendent traiter des troubles tels que dépression, burn-out, anxiété, bipolarité, schizophrénie ou autisme. Ces pseudo-thérapeutes se présentent comme « coach de vie », hypnothérapeute, maître Reiki, magnétiseur, etc., et utilisent un vocabulaire pseudo-scientifique (« mémoires cellulaires », « énergie quantique »). Parmi les pratiques citées figurent le néo-chamanisme, les constellations familiales ou la psychogénéalogie, qui peuvent induire de faux souvenirs, notamment d’incestes. Certains naturopathes recommandent de remplacer traitements conventionnels et antidépresseurs par du développement personnel.

Ces pratiques ciblent particulièrement les personnes fragilisées par un deuil, une rupture, un licenciement, ainsi que les patients atteints de maladies chroniques, les personnes sourdes, les jeunes mères épuisées, les mineurs et les personnes avec troubles du spectre autistique. Des protocoles dangereux sont proposés, comme des régimes restrictifs, antifongiques, du cannabis ou la chélation.

Toutes les pratiques non conventionnelles ne sont pas forcément sectaires, mais elles doivent rester complémentaires et non substitutives à la médecine, avec un suivi professionnel. Ainsi la méditation, souvent plébiscitée, peut aider contre le stress mais est contre-indiquée pour les personnes épileptiques, suicidaires ou souffrant de troubles psychotiques sévères. Des études confirment des risques liés à cette pratique.

En cas de souffrance psychique, il est recommandé de consulter des professionnels reconnus : psychologue, psychiatre, psychothérapeute (titres protégés par l’État). Contrairement à une idée reçue, le titre de psychanalyste n’est pas reconnu.

En cas de dérive suspectée, il est possible de contacter la Miviludes, l’Unadfi, le CCMM, l’Afis ou le Conseil national de l’Ordre des médecins. 

(Source : Harmonie Santé, 18.11.2025)

  • Auteur : Unadfi