Depuis la pandémie de Covid-19, le recours aux praticiens de médecines alternatives — chamanes, magnétiseurs, thérapeutes quantiques — a fortement progressé en France. Ce phénomène est analysé en lien avec la dégradation du système de santé public : déserts médicaux, délais de consultation allongés et renoncement aux soins touchent une part croissante de la population.
Le marché des médecines dites « douces » représentait près de 13 milliards d’euros en France en 2025 selon un cabinet d’analyse, et 68 % des Français déclarent y croire, d’après une étude Odoxa de 2023. L’article illustre ce phénomène à travers le cas d’un « chamane urbain » parisien dont le chiffre d’affaires a dépassé 361 000 euros en 2021. Des formations peu ou pas réglementées prolifèrent, permettant à n’importe qui de s’improviser thérapeute en quelques jours contre quelques centaines d’euros. Les signalements liés à des dérives sectaires en lien avec la santé ont quadruplé en dix ans à la Miviludes, passant d’environ 400 en 2015 à près de 1 700 en 2024. Les outils dont dispose l’État pour lutter contre ces pratiques apparaissent insuffisants : la Miviludes manque de moyens humains, et la loi de 2024 sur les dérives sectaires se heurte à des difficultés de preuve. Des plateformes dédiées aux praticiens alternatifs continuent par ailleurs d’attirer des millions de visiteurs chaque mois.
(Source : Charlie Hebdo, 03.02.26)
