Thierry Casasnovas, figure française du crudivorisme suivie par plus de 3 millions de personnes sur les réseaux sociaux, fait l’objet de nouvelles investigations alors qu’il est déjà mis en examen depuis 2023 pour plusieurs infractions, notamment exercice illégal de la médecine, abus de faiblesse, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment.
Les enquêteurs s’intéressent notamment à un tampon portant le nom d’un médecin, qui aurait pu être falsifié et utilisé pour obtenir un prêt en 2022. Casasnovas conteste les faits mais plusieurs ex-collaborateurs disent toutefois avoir eu connaissance de cet objet. Les investigations portent également sur un prêt garanti par l’État (PGE) de 400 000 euros, obtenu fin 2020, afin de déterminer s’il répondait bien aux conditions du dispositif.
L’enquête dresse par ailleurs le portrait d’un homme différent de l’image chaleureuse qu’il renvoie dans ses vidéos. D’anciens proches le décrivent comme un « manipulateur » animé par une forte volonté de pouvoir et d’argent. Son activité s’est progressivement structurée autour de la vente de formations, de partenariats commerciaux et de produits liés au bien-être. En 2019, sa société Actinidia réalisait 1,9 million d’euros de chiffre d’affaires. À partir de cette période, il aurait également investi dans des terrains et biens immobiliers autour de Taulis (PO), pour une valeur estimée à environ 1 million d’euros.
Avec plus de 700 signalements à la Miviludes depuis 2011, Casasnovas est présenté comme la personnalité la plus signalée auprès de cet organisme. Il a notamment tenu des propos très critiques envers la médecine conventionnelle, affirmant que certaines maladies n’existeraient pas ou que la chimiothérapie serait dangereuse. Pourtant, les enquêteurs ont relevé qu’il avait lui-même fréquenté de nombreux rendez-vous médicaux entre 2019 et 2020, et d’anciens collaborateurs affirment avoir mangé de la viande avec lui. Pascale Duval, directrice de l’Unadif reconnaît là le comportement typique des gourous de la santé.
Plusieurs témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête évoquent aussi une emprise sur ses adeptes. Des proches racontent des changements de comportement liés au crudivorisme, au jeûne ou à l’arrêt de médicaments. Des adeptes auraient interrompu des traitements médicaux, mais aucun élément ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre ces décisions et d’éventuels décès.
Alors qu’il est désormais candidat à l’élection présidentielle, son contrôle judiciaire a été allégé en janvier (contrôle qu’il n’a pas toujours respecté, rappellent les avocats des parties civiles) : il peut à nouveau s’exprimer sur les réseaux sociaux, mais reste interdit de promouvoir le crudivorisme comme soin, ce qu’il contourne en créant des vidéos par IA. Casasnovas reste présumé innocent et aucun procès n’est encore programmé.
(Le Parisien, 3/09/26 : https://www.leparisien.fr/video/programme/en-mode-portrait/le-retour-au-business-de-thierry-casasnovas-le-gourou-du-cru-02-09-2026-VQFPBMOZCBEHXAP3TP3YQXE6YQ.php)
