Aux États-Unis, une entreprise prônant l’accouchement à domicile sans aucune assistance médicale est au cœur d’une enquête accablante du Guardian. La Free Birth Society (FBS), fondée en 2017 par Emilee Saldaya, une ancienne doula, a bâti un empire financier en diffusant une version radicale de l’« accouchement libre », qui a entraîné des dizaines de décès ou blessures graves de nourrissons.
L’enquête du Guardian s’ouvre sur le drame de Lorren, une Américaine ayant accouché après sept jours de travail, sans suivi médical. Malgré des douleurs extrêmes et des signes d’urgence vitale, elle a été dissuadée par la FBS de se rendre à l’hôpital et encouragée à mentir aux médecins. Son bébé est mort-né et elle a failli perdre la vie.
Grâce à des podcasts, des vidéos, des formations payantes et un discours dénonçant la médecine moderne, la FBS aurait généré plusieurs millions de dollars. Elle interdit notamment les échographies, minimise les complications et rejette la réanimation néonatale. Le Guardian recense au moins 48 cas, à travers plusieurs pays, de décès ou de blessures graves chez les nourrissons, dont 18 pour lesquels l’influence directe de la FBS est établie.
Ce phénomène s’inscrit dans un climat plus large de défiance envers la science et le corps médical, nourri par des expériences traumatiques de l’hôpital et un manque d’accompagnement humain pendant la grossesse.
En France, les sage-femmes alertent sur ces dérives, tout en reconnaissant les failles d’un système hyper médicalisé et sous-doté. Elles tirent la sonnette d’alarme.
(Source : Charlie Hebdo, 18.12.2025)
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