Un enjeu de sécurité nationale

Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a publié, ce mercredi 21 janvier, son rapport annuel sur l’état du sexisme en France. À partir d’un baromètre réalisé auprès de 3 061 personnes, l’institution dresse un constat alarmant. Le sexisme n’est plus seulement individuel, il s’inscrit désormais dans des logiques collectives et idéologiques, notamment via le masculinisme.

Le rapport distingue deux formes de sexisme : le paternalisme, jugé socialement acceptable car perçu comme protecteur, et le sexisme hostile, plus violent et contraignant. Une large majorité des Françaises et Français adhèrent encore à des représentations patriarcales. 75 % estiment que les femmes doivent être « protégées et aimées » par les hommes, 78 % pensent que les hommes doivent assumer la charge financière de la famille.

Dans le même temps, des attitudes plus agressives émergent. 7 % des hommes considèrent qu’il est acceptable d’insister pour obtenir un rapport sexuel, et un quart d’entre eux estime normal qu’une femme accepte un rapport « pour faire plaisir ».

Au total, 17 % de la population (soit près de 10 millions de personnes) adhèrent à un sexisme hostile. Le HCE note aussi que le sexisme paternaliste touche environ 12,5 millions de personnes, y compris des femmes, ce qui souligne l’enracinement des normes patriarcales.

Le rapport pointe aussi un âge comme facteur d’acceptation. Plus les répondants sont âgés, moins le sexisme est perçu comme un problème social, alors que chez les jeunes l’écart entre femmes et hommes est le plus important. Les réseaux sociaux apparaissent comme un accélérateur. Le cybersexisme est aujourd’hui la première forme de discours de haine en ligne et 84 % des victimes sont des femmes. Le HCE déplore les limites de la régulation des contenus haineux et sexistes.

Enfin, le rapport met en garde contre l’essor du masculinisme, idéologie qui refuse l’égalité et se présente comme une défense des « droits des hommes ». Selon le HCE, ce mouvement, structuré et financé, se nourrit d’un discours de victimisation et d’une « crise de la masculinité », relayé par des chaînes YouTube, des podcasts et des formations. Le masculinisme est qualifié de menace à l’ordre public capable de banaliser la violence et, dans ses formes extrêmes, d’encourager l’apologie du viol ou du meurtre.

Face à cette situation, le HCE appelle à une réponse publique coordonnée, incluant une régulation numérique renforcée, une politique de prévention de la radicalisation et la reconnaissance du masculinisme comme un enjeu de sécurité publique.  

(Sources : Ouest-France & BFM & Sud-Ouest, 21.01.2026 & France 24, 22.01.2026)

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  • Auteur : Unadfi