Les théories du complot semblent envahir les réseaux sociaux. Mais elles émanent en réalité d’un cercle extrêmement restreint. Selon un rapport de l’Observatoire de l’écosystème médiatique, 100 utilisateurs seulement seraient à l’origine de près de 70 % des contenus conspirationnistes diffusés au Canada.
En analysant plus de quatorze millions de publications, les chercheurs ont constaté que 87 % des allégations complotistes proviennent d’influenceurs, avec un rôle central joué par la plateforme X. Bien que ces contenus aient été vus des milliards de fois, leur adhésion reste limitée. Par exemple, seuls 8 % des Canadiens croient que le changement climatique est un canular, malgré une exposition bien plus large. Le problème n’est donc pas tant l’ampleur des croyances que la puissance de leur amplification. Dans de nombreuses municipalités, ces discours envahissent réunions publiques et conseils municipaux, au point que certains élus évitent désormais de parler de climat par crainte de réactions hostiles.
Les théories circulent souvent en réseaux interconnectés (climat, élites mondiales, idéologie de genre) rendant tout débat public plus confus et conflictuel. Cette omniprésence crée aussi un « écart de perception ». Beaucoup de Canadiens pensent être minoritaires à soutenir l’action climatique, alors qu’une large majorité y est favorable.
Derrière cette dynamique se trouvent aussi les algorithmes des plateformes, conçus pour maximiser l’engagement. Les contenus indignés ou polarisants, comme les théories du complot, génèrent davantage d’interactions et donc plus de revenus publicitaires.
Le rapport pointe particulièrement X comme l’épicentre du complotisme canadien, concentrant la majorité des publications et des interactions. Les chercheurs réclament plus de transparence sur les algorithmes et des évaluations d’impact avant toute modification. Mais pour certains observateurs, la réponse ne peut pas être seulement technologique. Face à une minorité très active et bruyante, la majorité silencieuse devra aussi s’engager davantage dans la vie démocratique locale.
(Source : Canada’s National Observer, 27.02.2026) Consulter le rapport en ligne : https://meo.ca/work/conspiratorial-claims-and-institutional-distrust-in-canadas-online-ecosystem
