La « fausse bonne sœur », symptôme d’une zone grise dans l’Église

Des formes de vie consacrée juridiquement floues se développent au sein de l’Église de France. Certaines femmes vivent comme des religieuses (voile, vie communautaire, engagements à vie, célibat, obéissance, partage des revenus) sans bénéficier du statut et des protections du droit canonique.

Cette « zone grise » concerne aussi des hommes et des célibataires consacrés. Des responsables spirituels peuvent exercer un pouvoir important sans les contrepoids prévus pour les instituts religieux, notamment lorsque les frontières entre accompagnement spirituel et emprise deviennent floues. On pensera notamment au Chemin Neuf ou à l’Emmanuel, dont certaines pratiques ont suscité des inquiétudes

Les évêques français ont longtemps toléré ces ambiguïtés, séduits par des communautés nouvelles qui amenaient des vocations, des jeunes et une forte fréquentation des offices, malgré des risques d’emprise. Les garde-fous du droit canonique, jugés trop rigides, ont ainsi été progressivement contournés.

Ces communautés ont parfois reproduit précisément les dérives que le droit cherchait à prévenir : concentration des pouvoirs, opacité, confusion des responsabilités, dépendance et infantilisation spirituelle. Lorsque des victimes apparaissent, le flou juridique permet alors aux structures de renvoyer les responsabilités sur l’Église.

(Golias Hebdo, 14/05/26 : https://www.golias-editions.fr/golias-hebdo/)

  • Auteur : Unadfi