Autour de récits récurrents (réseaux pédo-satanistes, franc-maçonnerie, « État profond » ou élites occultes) s’est développé un écosystème de médias alternatifs, influenceurs et plateformes qui monétisent la défiance du public.
Ces acteurs attirent une audience fidèle grâce à des contenus sensationnalistes qui prétendent révéler des vérités cachées, ignorées ou censurées par les médias traditionnels.
Cette économie repose sur plusieurs sources de revenus : publicité, abonnements, dons, ventes de livres, conférences, formations ou produits dérivés. Plus les thèses avancées sont spectaculaires, plus elles génèrent de clics, d’engagement et donc de profits. Les réseaux sociaux jouent un rôle central en amplifiant la diffusion de ces contenus auprès de communautés déjà convaincues.
Ces discours prospèrent sur la méfiance envers les institutions, les médias et les responsables politiques. Ils entretiennent un sentiment d’appartenance chez leurs adeptes qui ont l’impression de faire partie d’un groupe détenant une vérité inaccessible au grand public, souligne le sociologue Pascal Wagner-Egger. Au-delà de leur dimension idéologique, ces récits sont un marché lucratif où l’indignation, la peur et la suspicion deviennent des ressources économiques à part entière.
(Marianne, 31.05.26)
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