Le masculinisme est désormais considéré par plusieurs pays européens comme une menace de sécurité intérieure. Longtemps cantonné à internet, ce courant antiféministe se diffuse aujourd’hui auprès d’un public de plus en plus jeune dès l’adolescence. Sa forme la plus extrême est incarnée par les « incels » (« célibataires involontaires »), qui transforment leur frustration affective en haine des femmes.
En France, plusieurs affaires récentes ont alerté les autorités. Les services de renseignement constatent une radicalisation rapide, favorisée par les réseaux sociaux et leurs algorithmes. Des études montrent qu’en quelques dizaines de minutes seulement, de nouveaux comptes peuvent être exposés à des contenus misogynes, antiféministes ou extrémistes.
Le phénomène dépasse les clivages politiques et s’appuie sur des discours relayés par des influenceurs. Selon le Haut Conseil à l’Égalité, ces idées gagnent du terrain dans l’opinion.
Face à cette menace transnationale, les réponses restent dispersées. Le Royaume-Uni renforce l’éducation contre la misogynie à l’école, la Suisse a créé des dispositifs de prévention via les réseaux sociaux. Pour les chercheurs, le danger principal réside autant dans les passages à l’acte violents que dans la banalisation progressive du sexisme chez les plus jeunes.
(RFI, 13.06.26 : https://www.rfi.fr/fr/technologies/20260613-le-masculinisme-radical-une-menace-qui-s-installe-en-europe)
