Soupçonné d’avoir tué deux femmes et enlevé ses enfants, un homme a été arrêté après plusieurs jours de fuite. Au-delà du fait divers, des spécialistes appellent à reconnaître dans cette affaire les signes d’un « terrorisme masculiniste », encore largement ignoré par la justice et les médias.
Arrêté au Portugal après cinq jours de cavale, Cédric Prizzon est soupçonné d’avoir enlevé ses deux enfants et tué son ex-compagne ainsi que sa compagne actuelle. Les enfants ont été retrouvés vivants.
Si l’affaire a d’abord été traitée comme un fait divers par la justice et certains médias, mêlant enlèvement et violences conjugales, des voix s’élèvent pour en proposer une lecture plus large. La chercheuse Stéphanie Lamy appelle à qualifier ces faits de « terrorisme masculiniste » et demande la saisine du Parquet national antiterroriste.
Selon elle, le profil du suspect, ses antécédents de violences conjugales, son discours virulent contre la justice et son engagement dans des réseaux comme « Papa en colère », s’inscrivent dans une dynamique de radicalisation masculine déjà documentée. « Cette grille de lecture permettrait non seulement de mieux comprendre le passage à l’acte, mais aussi de prévenir d’autres crimes en identifiant les réseaux et discours incitant à la violence » explique-t-elle. Mais, ajoute-t-elle, « aujourd’hui, la justice française peine encore à appréhender ces violences sous l’angle terroriste, celles-ci restant majoritairement considérées comme des affaires privées malgré quelques précédents récents ».
(Source : Nouvelles News, 26.03.2026 & Ouest-France, 02.04.2026)
