Au Royaume-Uni, des victimes d’abus rituels affirment avoir été orientées vers des associations d’aide après avoir échangé avec ChatGPT. Selon des experts et des organisations de soutien, l’intelligence artificielle contribuerait à libérer la parole sur des violences longtemps restées sous-déclarées.
Au Royaume-Uni, certaines victimes d’abus rituels, inspirés du satanisme, commencent à sortir du silence. Et ce, « grâce aux conseils de ChatGPT » confie l’association Napac (National Association of People Abused in Childhood) qui observe, depuis plusieurs mois, une hausse des appels provenant de survivants ayant d’abord confié leur histoire à l’intelligence artificielle. Pour Gabrielle Shaw, directrice générale de Napac, le phénomène est réel. « Les victimes d’agressions sexuelles ou de manipulations psychologiques utilisent l’IA comme une forme de soutien. Les avis sont partagés sur ce rôle. Mais si cela permet à quelqu’un d’accéder à de l’aide réelle, c’est forcément positif ». Le chatbot aiderait des personnes traumatisées à mettre des mots sur des événements difficiles à raconter. En dialoguant avec l’IA, elles parviendraient à organiser des pensées fragmentées et à formuler des récits plus clairs.
La police britannique estime que ces crimes restent largement sous-déclarés. Depuis 1982, quatorze affaires pénales au Royaume-Uni ont reconnu l’existence d’éléments rituels dans des abus sur mineurs. Mais pour la psychologue clinicienne Elly Hanson, ces condamnations ne représenteraient que « la partie émergée de l’iceberg ». Selon Richard Fewkes, du programme Hydrant, qui soutient les forces de l’ordre dans les enquêtes sur la protection de l’enfance, la dimension rituelle a longtemps freiné la reconnaissance de ces crimes. « Le caractère parfois fantastique des éléments décrits a contribué à creuser un fossé dans la réponse judiciaire », explique-t-il.
Face à l’augmentation des témoignages, les autorités britanniques cherchent désormais à mieux former les professionnels. Les associations, elles, rappellent que si l’intelligence artificielle peut agir comme premier interlocuteur, la prise en charge des victimes repose avant tout sur un accompagnement humain capable d’écouter, vérifier et traiter ces récits longtemps restés dans l’ombre.
(Source : Frandroid & BFM, 09.03.2026)
