L’oncologie intégrative : un concept controversé dans le milieu médical  

Combinant traitements conventionnels du cancer et thérapies complémentaires, l’oncologie intégrative, qui se développe en France suscite des inquiétudes parmi les professionnels de santé. Cette approche dit centrer les soins sur le patient dans sa globalité plutôt que sur la maladie seulement.

Fondé en 2018 par Alain Toledano, oncologue et radiothérapeute, l’Institut Rafaël est présenté comme le premier centre européen de médecine intégrative. Cet établissement propose plus de 50 disciplines, incluant des soins de support reconnus par l’Institut national du cancer (1), mais également des pratiques controversées comme la naturopathie ou l’homéopathie.

Le débat divise la communauté médicale. Des spécialistes craignent que l’inclusion de pratiques sans validation scientifique ouvre la porte à des dérives sectaires.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins reconnaît l’existence d’une zone floue où certains acteurs utiliseraient le concept d’oncologie intégrative pour légitimer des pratiques non éprouvées. Les critiques soulignent notamment le soutien financier de laboratoires de produits de bien-être et l’absence de preuves scientifiques solides pour plusieurs méthodes proposées. Les experts appellent plutôt à renforcer l’offre de soins de support validés dans les établissements de cancérologie. 

(Source : Sud-Ouest, 16.12.2025)

(1) « L’Institut national du cancer (INCa) a établi en 2016 une liste de neuf soins de supports considérés comme « indispensables », à l’efficacité démontrée. Remboursés, totalement ou partiellement, par l’Assurance maladie, ils doivent être proposés aux patients. »

  • Auteur : Unadfi