De la persécution chinoise au lobbying genevois

Mouvement spirituel né en Chine et violemment réprimée par Pékin depuis 1999, le Falun Gong s’est progressivement mué en un réseau d’influence international, orchestré depuis les États-Unis. À Genève, le mouvement gagne du terrain, notamment grâce au soutien affiché de nombreux élus de tous bords politiques, souvent au nom de la défense des droits humains.

Des dizaines de responsables romands apparaissent sur le site du Falun Gong, saluant ou soutenant ses actions. Certains, à l’image du conseiller d’État vert Nicolas Walder, affirment aujourd’hui ne pas avoir eu connaissance des positions controversées de son fondateur, Li Hongzhi, régulièrement accusé de propos racistes, homophobes et anti-scientifiques. D’autres élus, comme Daniel Sormanni (MCG) ou Christian Dandrès (PS), justifient leur soutien par la persécution subie par les pratiquants en Chine, tout en se disant vigilants face aux accusations de dérives sectaires.

Car les signaux d’alerte existent. En France, l’Unadfi a recensé plusieurs signalements, tandis qu’en Suisse, le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) évoque des demandes d’information et un témoignage préoccupant, sans qu’aucune condamnation judiciaire n’ait été prononcée à ce jour.

Parallèlement au lobbying politique, le Falun Gong développe une stratégie culturelle et médiatique. Son spectacle de danse Shen Yun, programmé à Genève, attire un large public mais suscite aussi de vives critiques pour son caractère jugé propagandiste. Sur le plan médiatique, des plateformes comme Epoch Times et NTD, fondées par des pratiquants aux États-Unis, revendiquent une dénonciation des crimes du Parti communiste chinois, tout en étant accusées de relayer des théories complotistes et des positions pro-Trump. Initialement promu par les autorités chinoises avant d’être interdit, le Falun Gong combine méditation, exercices physiques et doctrine morale. Son fondateur, exilé aux États-Unis, y bénéficie d’un fort soutien politique. Mais l’idéologie et les structures qui en découlent continuent de susciter une controverse croissante. 

(Source : Genève Home Informations, 14.12.2025)

A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Retrait du statut d’organisme de bienfaisance pour l’association Falun Dafa : https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/retrait-du-statut-dorganisme-de-bienfaisance-pour-lassociation-falun-dafa/

  • Auteur : Unadfi