Sur TikTok, le hashtag #WitchTok, fort de plus de 35 milliards de vues, fait souffler un vent mystique sur les réseaux. Entre tirages de tarots, cristaux énergétiques et rituels de pleine Lune, le paganisme connaît un renouveau inattendu, propulsé par une jeunesse en quête de spiritualité alternative.
Autrefois pratiqué dans la clandestinité, le paganisme, religion préchrétienne célébrant la nature et les divinités anciennes, connaît un spectaculaire retour. Sur TikTok, une nouvelle génération se revendique ouvertement de ce mouvement. Aux États-Unis, près de 1,5 million de personnes s’identifient désormais comme païennes, contre 134 000 en 2001. Selon la sociologue Helen Berger, cette progression traduit un désengagement des institutions religieuses au profit d’une spiritualité libre et inclusive. « On observe un désir d’autonomie spirituelle et une volonté d’aligner foi, féminisme et écologie ».
Le paganisme moderne, ou néopaganisme, se décline sous de multiples formes : Wicca, kémétisme, culte de la déesse, ou simples pratiques ésotériques inspirées des druides, Celtes et Égyptiens anciens. Pour les adeptes, « le monde naturel est sacré et les cycles de la Lune, des saisons ou de la Terre sont des sources d’énergie spirituelle ».
Partout, le phénomène s’incarne dans des expériences immersives. À Salem (Massachusetts), ville emblématique des procès de sorcières, le Samain, célébré du 31 octobre au 1er novembre, attire curieux et initiés autour de danses rituelles et cérémonies publiques. À Asheville (Caroline du Nord), le Mother Grove Goddess Temple organise des rituels de pleine Lune et des célébrations en plein air dédiées à la Terre Mère. À Sedona (Arizona), des retraites spirituelles réunissent chaque année des milliers de visiteurs venus « se réaligner » avec l’univers. En Californie, le Pacific Circle Revival propose aussi une retraite communautaire et des ateliers, tandis que le WitchsFest USA transforme, chaque été, les rues de Manhattan en un gigantesque festival païen.
Pour les observateurs, « il ne s’agit pas seulement de folklore ou du sensationnalisme », le paganisme version 2.0 « répond à une soif de sens dans un monde en crise écologique et identitaire ».
(Source : National Geographic, 05.11.2025)
