A l’automne 2001, onze membres d’une même famille, les Védrines, ont vécu reclus dans leur propriété de Monflanquin dans le Lot-et-Garonne. Ils y resteront jusqu’en 2008, date à laquelle certains rejoindront à Oxford (Grande-Bretagne) leur « gourou » présumé, Thierry Tilly. Ce dernier est soupçonné de les avoir manipulés et ruinés : en huit ans les Védrines ont ainsi été dépouillés de leurs biens. Le bénéfice que pourrait en avoir tiré Thierry Tilly est estimé à 4 millions d’euros. Trois personnes sont mises en examen dans ce dossier.
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Emprise mentale
Les dérapages des psys
Une mise en garde qui vise certains psys susceptibles de devenir «nuisibles», sinon toxiques. Ainsi en est-il des promoteurs du «cri primal» ou du «rebirth», techniques très en vogue aux États-Unis dans les années 2000 et qui consistent à aider le patient à revivre les émotions premières de sa naissance. Des phénomènes de «décompensation» très graves ont été observés chez certains patients adeptes de ces méthodes…
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Etats-Unis / Le combat d’un ex-scientologue
Mark Rathbun, 54 ans, a passé 27 ans dans la Scientologie. Depuis sa défection en 2004, il a parlé au FBI de l’abus physique et mental qui se passe au plus haut niveau de l’organisation. Il a aussi participé en 2009 à une enquête du Saint Peterburg Times mettant en cause la Scientologie.
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Jesus Camp
Dans « Jesus Camp », situé dans le Dakota du Nord, une femme pasteur, Becky Fischer, endoctrine et fanatise des enfants à l’âge où ils sont le plus « impressionnables », à savoir entre 7 et 9 ans (mais pas au-delà de 13 !)
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Techniques de mise sous influence
1. La relation d’autorité
- Une hiérarchie qui s’affiche, qui prône l’acceptation de l’autorité interne en promettant avancement, pouvoir et surtout SALUT.
- Des règles intransigeantes. On provoque une régression et une désorientation par le fait de devoir demander la permission pour des actes élémentaires de la vie quotidienne.
- Une doctrine déstabilisante. On encourage l’acceptation aveugle et le rejet de la logique par des exposés complexes et interminables sur une doctrine incompréhensible.
- Pas de questions. On vise à l’acceptation automatique des croyances en décourageant les questions, et en suggérant d’abandonner ses doutes, condition de toute progression dans l’enseignement proposé.
- L’approbation du contrôle. Des actions peu différentes les unes des autres entrainent tantôt une récompense, tantôt une punition. D’où une confusion encore accentuée.
- La peur. Les plus anodines pensées, paroles ou actions tant soit peu « négatives » provoquent des menaces sur l’âme, sur la vie ou sur un organe, ce qui entretient l’obéissance aveugle.
Le contrôle de la pensée
Selon Steven Hassan, le contrôle de la pensée est constitué de 4 composantes de base : le contrôle du comportement (Behaviour control), le contrôle de l’information ( Information control), le contrôle de la faculté de réflexion ( Thought control) et le contrôle de l’émotion (Emotional control)
Contrôle du comportement
1. Contrôle de la réalité physique environnant l’individu
Femmes légionnaires ?
Dans un article de l’Associated Press de 2010, des femmes appartenant à la branche laïque des Légionnaires du Christ (Regnum Christi) ont relaté leurs conditions de vie comparables à celles menées dans des sectes : soumission à des règles presque à chaque minute de la journée « au nom de la volonté de Dieu ».
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Apostat, une accusation récurrente
En guise d’introduction, il nous a paru essentiel de reprendre les grandes lignes d’une analyse menée par Jean-Pierre Jougla (avoué, membre de longue date de l’ADFI et administrateur de l’UNADFI) sur l’accusation d’apostasie, accusation destinée à neutraliser les témoignages douloureux qu’apportent d’anciens adeptes.
Le gourou de Béthune
David J., 38 ans, est un « beau parleur » qui se retrouve au tribunal de Béthune. Un escroc surtout qui s’est fait remettre d’importantes sommes de différentes victimes, des femmes rencontrées sur internet.
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Editorial
L’emprise, qui vise à obtenir d’un individu, par diverses techniques, un engagement durable et extensif suppose que soit limitée ou même exclue toute critique ou influence divergente. Les dérives sectaires s’accompagnent donc, le plus souvent, de stratégies éprouvées pour isoler les victimes de leur environnement familial et social : activités multiples, obligatoires ou fortement encouragées, déplacements fréquents ou envoi dans un pays lointain, déménagement avec adresse tenue secrète, allusions négatives ou accusations graves envers des personnes de l’entourage proche, etc.
Lorsque l’emprise s’exerce au sein d’un groupe, cette coupure avec l’extérieur se double d’un contrôle des relations entre les membres ; le gourou s’immisce dans les relations amicales, intervient pour faire ou défaire des couples, se substitue aux parents auprès de leurs enfants.
Les liens, fondés sur le partage de croyances et de pratiques imposées, ne sont bien souvent qu’apparence, les membres apprennent à se méfier les uns des autres.
Sur l’individu ainsi subtilement isolé, le gourou (ou les dirigeants) fait pression pour contrecarrer tout désir d’autonomie. L’emprise ne supporte en effet aucun désaccord ou comportement non conforme, la sanction est alors l’exclusion… La responsabilité en incombe tout entière à l’exclu. Il est accusé de trahison, d’actions ou d’intentions perverses, sa réputation est détruite, et les adeptes restés dans le groupe doivent l’éviter.
Quelles que soient les motivations de ce bannissement — inciter la personne à faire totale allégeance pour espérer retrouver les siens, garder « pure » la communauté en la préservant de toute « contamination », terroriser les membres restants — cette pratique est une atteinte à la liberté de conscience[1]. Cette atteinte doit être dénoncée et devrait être sanctionnée… s’il n’était pas si difficile et incertain pour les victimes de porter plainte.
Une fois encore, il faut insister sur la nécessité de développer la connaissance et la compréhension du phénomène d’emprise notamment auprès des acteurs de la Justice.
[1] Déclaration universelle des Droits de l’Homme, Article 18 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction […] »
