Reconnaissance de la bonne foi d’une experte accusée de diffamation par les Témoins de Jéhovah

Dans un communiqué publié le 8 juillet 2020, l’association suisse Info Sekta se félicite que les Témoins de Jéhovah n’aient pas fait appel de la décision de justice rendue en juillet 2019 par le tribunal de Zurich. Le tribunal avait prononcé l’acquittement de Dr Phil Regina Spiess, une employée d’Info Sekta poursuivie pour diffamation par l’organisation suite à des déclarations qu’elle avait faites dans le journal Tages Anzeiger en 2015.

Depuis mars 2020, ce verdict est devenu définitif et l’experte a reçu une indemnité de 20 500 francs suisses pour les frais de justice et une indemnité supplémentaire de 4 000 francs suisses.

Pour Info Sekta cette décision est sans précédent dans le monde. En effet, l’association explique que « sur la base de nombreuses preuves, le tribunal a examiné les déclarations de l’experte concernant les principaux points de critique de la doctrine des Témoins de Jéhovah, et a conclu qu’elles étaient justifiées : les pratiques religieuses des Témoins de Jéhovah violent les droits fondamentaux de leurs membres et de leurs proches ».

Durant le procès, l’experte a pu prouver la véracité de toutes ses déclarations et a démontré qu’elles avaient été faites dans le respect de l’intérêt public.

Ses explications sur les pratiques qu’elle avait dénoncées dans la presse ont été acceptées par le tribunal.

Elle a pu apporter la preuve : 

• que la « pratique de l’évitement existe et constitue au moins dans une certaine mesure une violation des droits de l’homme »,

• que « les enfants et les jeunes sont eux aussi affectés » et « éprouvent une peur grave en raison de cette pratique »,

• que « des Témoins de Jéhovah meurent à la suite de l’interdiction des transfusions sanguines »,

• que « la règle des deux témoins existe » et « facilite les abus sexuels, en particulier sur les enfants »,

• que la menace d’expulsion ainsi que le matériel de la Watchtower  destiné aux enfants sont souvent effrayants pour eux et constituent une forme de violence psychologique,

• que la pratique de l’ostracisme « viole l’intégrité psychologique et sociale des membres » et que les victimes en souffrent de longues années après leur exclusion.

• que l’ostracisme viole « le droit à la liberté de foi et de conscience de ses membres ».

Pour Info Sekta, ce jugement est important car « les responsables politiques suisses seront appelés à prendre des mesures pour revoir la législation et décider de mesures politiques à prendre ».

L’association interpelle aussi l’Allemagne et l’Autriche pour qu’elles expliquent pourquoi en tant qu’États, les deux pays approuvent des directives religieuses qui visent à :

« faire taire les enfants et les femmes victimes de violences,
« appeler les parents à éviter leurs enfants mineurs,
« abandonner les personnes dont la vie est en danger ».

(Source : Urhobotoday, 15.08.2020)

Ndlr : l’UNADFI considère cette victoire judiciaire comme très importante car elle conforte le travail des associations qui s’attachent à dénoncer des pratiques qui violent les droits fondamentaux des Témoins de Jéhovah et de leurs proches.

  • Auteur : Unadfi