Les Brigandes changent de nom mais pas de message

Dans son édition du 18 octobre 2019, le Midi Libre a consacré un dossier aux Brigandes. Le quotidien se penche sur cette communauté, son réseau, l’étendue de son implantation dans la ville de Salvetat-sur-Agout et les réactions politiques et citoyennes qu’elle suscite.

Implantées depuis 2015 à Salvetat-sur-Agout, le groupe des Brigandes (qui se nomme désormais la Communauté de la rose et de l’épée) semble avoir rompu la tranquillité du village occitan. Depuis quelques semaines, dans un local à proximité de la mairie, deux écrans diffusent les clips vidéos du groupe, sans le son mais la présence des sous titres permet de comprendre les textes du groupe teintés de haine, de racisme, de xénophobie, d’islamophobie, d’antisémitisme et d’homophobie. Dernièrement les clips des Brigandes ont laissé la place à celui d’un autre groupe de la même communauté, Les Salvetoises, qui de manière détournée assure la promotion des Brigandes dans ses chansons. En réaction à cette diffusion de videos, une pétition nommée « Non aux Brigandes 2019 » a été mise en ligne sur internet1. Les membres du collectif l’ayant lancée avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme ont reçu des menaces de mort et ont porté plainte contre X auprès du procureur de Béziers.

À Salvetat-sur-Agout, le groupe divise la population et les élus locaux sont peu nombreux à réagir à son implantation et son prosélytisme.

Les Brigandes semblent avoir des connexions avec l’extrême droite française. L’été dernier le groupe était allé tourner un clip pour marquer les 90 ans de Jean-Marie Le Pen et avait défilé dans les rues de Salvetat avec les Soldats d’Odin, un groupuscule identitaire qui tenait sa convention nationale dans la ville. Le 13 octobre 2019, les Brigandes se sont produites lors d’une réunion de la revue nationaliste et identitaire Synthèse nationale.

Dernièrement les Brigandes ont annoncé devenir un « clan » ne se limitant plus à la production artistique. Elles organisent depuis l’été dernier des « week-ends d’études » payants sur des thèmes tels que « L’origine de l’homme et sa destination selon la tradition indo-européenne ».

Derrière cette communauté se cache Joël Labruyère. Audrey Keysers, secrétaire générale adjointe chargée de la communication et des relations avec les élus à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), rappelle que les activités de Labruyère font l’objet d’interrogations. Elle rappelle le parcours de l’individu, empreint de New Age, d’ésotérisme et de thèses antimondialistes. Il est à l’origine de la création de l’Omnium des libertés et du Centre de recherche pour un nouvel ordre mondial (Crom). Joël Labruyere est l’auteur des textes des Brigandes. Pour la secrétaire adjointe de la Miviludes, Joël Labruyere afin de ne pas être accusé de dérives sectaires se cache derrière un positionnement politique et noue des contacts avec des groupes d’ultra droite. Audrey Keysers poursuit en affirmant que l’emprise mentale exercée par Labruyere sur les membres de la communauté est « forte ». Il semble couper les individus de leur famille, dispense des théories en opposition à la société à l’aide de discours complotistes. De plus, sous prétexte d’une vie en communauté, il semble gérer les comptes en banque et les finances des membres du groupe. En 2015, avant que le groupe ne s’installe à La Salvetat-sur-Agout, une plainte a été déposée à son encontre par d’anciens adeptes pour abus de faiblesse, travail dissimulé et violences volontaires. L’instruction est toujours en cours.

(Source : Midi Libre, 18.10.2019)

1.https://www.mesopinions.com/petition/politique/salvetat-agout-diffusion-publique-images-musiques/74181

Lire sur le site de l’UNADFI, l’ensemble des articles sur les Brigandes : https://www.unadfi.org/mot-clef/les-brigandes/

  • Auteur : Unadfi