Un scientologue entre les mains de la justice

Le tribunal de commerce d’Angers a examiné le 25 janvier dernier, le sort de 17 sociétés immobilières en cessation de paiements appartenant à Jean François Charpenet, marchand de biens et scientologue de longue date.

Depuis des années, l’homme a monté 52 sociétés immobilières toutes domiciliées à son adresse d’Angers. Il possèderait, en son nom propre ou par l’intermédiaire de ses sociétés, 70 appartements, deux maisons et plusieurs locaux commerciaux et parkings. Le tribunal de commerce d’Angers a décidé d’examiner 17 de ces sociétés en cessation de paiements avec un passif de 14,7 millions d’euros. Ces créances sont des hypothèques détenues par les banques ou de l’argent appartenant à des particuliers qui réclament leur dû.
 

Jean-François Charpenet s’est « spécialisé »dans le rachat de logements en-dessous de leur valeur à des personnes fragiles ayant d’importants besoins financiers. Il fait pression sur ces personnes pour les pousser à la vente. Il a utilisé, pendant de nombreuses années, le système de vente « à réméré »permettant aux propriétaires d’obtenir un peu de trésorerie hors système bancaire. Les propriétaires peuvent rester dans leurs logements moyennant une indemnité d’occupation en espérant faire jouer leur faculté de rachat. Pour effectuer l’ensemble de ces achats, le scientologue a emprunté à différentes banques en France et en Suisse en faisant trainer ses remboursements.
L’administration fiscale et la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires suivent cette affaire de très près. Sur son blog, la ligue des Droits de l’homme s’est inquiétée des relations entre le passé mouvementé de Charpenet dans l’immobilier et son appartenance à la Scientologie1. Jean-François Charpenet est en effet membre de l’Association spirituelle de l’église de scientologie du Centre-Ouest (Asesco) et préside également l’association Action Soutien Asesco. Dans les statuts d’Action Soutien Asesco, on retrouve dans un article une référence à des activités immobilières. Il est en effet mentionné que « l’association pourra recevoir, par apport ,des biens meubles ou immeubles affectés à un droit de reprise ». Cela permet à l’association de recevoir par exemple des biens hypothéqués, le type de biens que possède en nombre important Jean François Charpenet
 

En novembre dernier, trois de ses sociétés ont été liquidées. Le 1er février, le tribunal de commerce d’Angers a liquidé treize sociétés civiles immobilières et décidé de placer une SARL en redressement judiciaire. J.-F. Chaprenet devra prochainement s’expliquer encore