La sœur d’une députée libérale brise le silence sur City Builders  

Devant une commission parlementaire australienne, Clare Heath-McIvor a livré un témoignage explosif. L’église dirigée par son père, le pasteur Brian Heath, et fréquentée par sa sœur, la députée libérale Renee Heath, serait le théâtre de dérives sectaires, de violences sexuelles tues et de thérapies de conversion, pourtant interdites par la loi.

Clare Heath-McIvor, fille du pasteur Brian Heath et sœur de la députée libérale victorienne Renee Heath, a jeté un pavé dans la mare lors de l’enquête parlementaire sur les sectes et les groupes religieux extrémistes. Devant la commission, elle a décrit City Builders Church comme un mouvement autoritaire et manipulateur, où persisteraient des pratiques illégales de conversion homosexuelle.

Selon Clare Heath-McIvor, le courant religieux auquel appartient l’Église, la Nouvelle Réforme Apostolique, prône la suprématie de la « loi de Dieu » sur celle de l’État, ce qui favoriserait les abus et les dérives coercitives.
Elle a affirmé avoir également connaissance de cas de viols étouffés, certaines femmes étant empêchées de signaler leur agression ou d’avorter, au nom de la foi. « On leur disait de ne pas faire confiance au gouvernement des hommes. Seul le gouvernement de Dieu comptait », a-t-elle témoigné.

Clare Heath-McIvor a décrit « une jeunesse sous emprise », marquée par la surveillance constante, la culpabilisation et l’obligation de verser 20 % de son salaire d’adolescente à l’église. À 16 ans, elle aurait été forcée publiquement de se repentir pour avoir manqué d’enthousiasme pendant un sermon.

Mariée à vingt ans avec un homme « guéri » de son homosexualité, elle a fini par quitter l’église en 2016. Trois ans plus tard, elle a soutenu son mari dans son coming out.

Aujourd’hui, Clare Heath-McIvor milite pour la reconnaissance des victimes de dérives religieuses au sein du Victorian Cult Survivors Network et réclame la création d’un organisme de surveillance indépendant chargé de recenser et contrôler les groupes à risque.

De son côté, City Builders Church nie fermement les accusations. Un porte-parole assure que l’église avait fourni à la commission « des preuves réfutant formellement ces affirmations ». Le Parti libéral victorien et la députée Renee Heath n’ont pas souhaité réagir.

L’enquête, menée par la commission des affaires juridiques et sociales du Parlement de Victoria, vise à déterminer si certaines méthodes d’endoctrinement et de contrôle psychologique devraient être criminalisées.  

(Source : The Guardian, 13.10.2025)

A lire aussi sur le site de l’Unadfi : Ouverture d’une enquête parlementaire sur les sectes : https://www.unadfi.org/prevention/aide-aux-victimes/demander-de-laide/ouverture-dune-enquete-parlementaire-sur-les-sectes/

  • Auteur : Unadfi