En apparence, Impact Centre Chrétien (ICC) coche toutes les cases d’une success-story religieuse. Une église évangélique dynamique, jeune, implantée dans la francophonie, au marketing huilé, et qui attire chaque semaine des milliers de fidèles dans ses temples contemporains. Son pasteur, Yvan Castanou, est une figure charismatique devenue incontournable dans le paysage religieux francophone. Pourtant, derrière l’image léchée de cette méga-église se cachent des méthodes de gouvernance contestées, des soupçons d’emprise mentale et une expansion qui suscitent la vigilance des autorités françaises.
Historique
On est en 2002. Dans une salle modeste d’Ivry-sur-Seine, deux frères jumeaux, Yvan et Yves Castanou, réunissent une poignée de fidèles. Avec leurs épouses respectives, Modestine et Habi, ils fondent l’église évangélique protestante Impact Centre Chrétien ou ICC. Yvan, diplômé d’une école de commerce et Yves, ingénieur en génie électrique, n’ont rien du pasteur classique. Leur vision ? « Réveiller la francophonie pour Christ », selon leurs propres mots. L’approche est neuve, inspirée des méga- églises américaines et nigérianes.
Selon Yvan, la fondation d’ICC tiendrait à une frustration combinée à une révélation. Le christianisme évangélique français leur semble « anémié, sans grande ambition, à la traîne de l’anglophonie ». Yvan et Modestine ont le déclic à l’occasion d’une conférence chrétienne organisée en 2001 par le pasteur nigérian (ex-musulman) Matthew Ashimolowo, à la tête de la megachurch pentecôtiste Kingsway International à Londres. Mais ce n’est qu’après une révélation, qu’il affirme venue de Dieu, qu’Yvan Castanou s’investit sans compter dans l’Eglise. Son frère Yves et son épouse prennent en charge la
branche congolaise.
