Accusations d’emprise et de dérives

En Guadeloupe, l’église évangélique Renaissance est visée par de multiples témoignages dénonçant des pratiques assimilées à des dérives sectaires. Plusieurs anciens membres décrivent un système d’emprise progressive, notamment via les réseaux sociaux, où l’organisation recrute activement des jeunes adultes sans affiliation religieuse.

Selon ces récits, la vie des fidèles est strictement encadrée par le pasteur Anthony Lambert. Les relations amoureuses seraient surveillées, des mariages arrangés ou accélérés, des loisirs interdits et les comportements contrôlés. Une ex-adepte affirme avoir été poussée à se marier rapidement, avant de subir pressions et culpabilisation lorsqu’elle a demandé le divorce.

Le mariage est également présenté comme un levier d’expansion du mouvement. Des couples seraient envoyés dans d’autres territoires, comme la Martinique ou la Barbade, pour y fonder de nouvelles communautés.

L’argent occupe une place centrale dans les accusations. D’anciens membres évoquent des contributions financières obligatoires, dont une dîme fixée à 10 % des revenus, ainsi que d’autres dons réguliers présentés comme nécessaires à la bénédiction spirituelle.

Face à ces signalements, une enquête a été ouverte. Une plainte pour abus de faiblesse et harcèlement a été déposée. La Miviludes a été saisie à plusieurs reprises. Malgré la médiatisation de l’affaire et la multiplication des témoignages, l’église Renaissance n’a pas répondu aux sollicitations des journalistes. De son côté, le Conseil national des évangéliques de France, auquel elle n’est pas affiliée, appelle à renforcer la vigilance face aux dérives sectaires. Sur le terrain, les activités du mouvement se poursuivent.

(Source : Libération, 03.05.2026)

  • Auteur : Unadfi