La principale agence sanitaire américaine, le CDC (Centers for Disease Control and Prevention), a modifié, le 19 novembre 2025, son site internet pour publier un texte laissant entendre un lien possible entre vaccination et autisme, une théorie réfutée depuis plus de vingt ans.
Jusqu’alors, le CDC affirmait que de nombreuses études avaient démontré l’absence de lien entre vaccins et troubles du spectre autistique, position partagée par l’OMS et les grandes instances scientifiques. Le nouveau texte reprend des éléments de langage du ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions complotistes sur la vaccination, notamment à propos du Covid-19. Le CDC indique désormais que son ancienne position n’était « pas fondée sur des preuves » et accuse les autorités sanitaires d’avoir ignoré certaines études.
Helen Tager-Flusberg, spécialiste de l’autisme à l’Université de Boston, juge la situation « extrêmement inquiétante » et redoute une baisse de la vaccination infantile, entraînant une recrudescence des maladies comme la rougeole. Plusieurs organisations médicales dénoncent une agence « indigne de confiance », tandis que des groupes antivaccins saluent ce changement. À l’intérieur du CDC, la décision suscite colère et inquiétude. Sur son site, une mention isolée rappelant que « les vaccins ne causent pas l’autisme » a cependant été ajoutée à la demande d’un élu républicain médecin.
La théorie vaccins-autisme provient d’une étude frauduleuse publiée en 1998, rétractée depuis. Plus de 40 études de qualité portant sur 5,6 millions de personnes ont confirmé l’absence de lien, rappelle Susan Kressly, présidente de l’Académie américaine de pédiatrie, qui appelle le CDC à cesser de propager des affirmations mensongères. Robert Kennedy Jr mène une restructuration des agences sanitaires, avec limogeages et coupes budgétaires, et promet d’identifier les causes de ce qu’il appelle une « épidémie » d’autisme. Parmi ses nominations figure David Geier, partisan de la théorie vaccins-autisme, condamné pour exercice illégal de la médecine.
(Source : Ouest-France, 20.11.2025)
