Conspirationnisme au Canada

Selon un rapport de UNESCO, l’adhésion aux théories conspirationnistes progresse au Canada depuis la pandémie de Covid-19. L’étude, réalisée à partir d’un sondage mené auprès de 6795 Canadiens, compare l’évolution des croyances complotistes entre 2021 et 2025. Les chercheurs observent une augmentation significative du nombre de personnes adhérant à ce type de discours : 18,8 % des répondants sont désormais considérés comme des adhérents « convaincus », soit une hausse de 7,2 points en quatre ans. La proportion de personnes indécises face à ces théories passe de 8,8 % à 14,6 %.

Parmi les idées les plus répandues figurent la conviction que les autorités cacheraient les dangers liés aux vaccins ou encore l’idée selon laquelle l’immigration serait organisée délibérément afin de transformer la population canadienne. Les chercheurs soulignent également la progression de croyances liées au « pédosatanisme ».

Les auteurs du rapport expliquent cette évolution en grande partie par une baisse de confiance envers les médias traditionnels, les gouvernements, les organisations internationales et les grandes entreprises. Environ 37 % des répondants disent encore faire confiance aux médias, tandis qu’à peine plus d’un quart accordent leur confiance aux organisations internationales et moins d’un Canadien sur cinq aux grandes entreprises. La confiance envers les gouvernements fédéral et provinciaux se situe autour de 36 %. Les chercheurs estiment notamment que l’absence d’un bilan public détaillé de la gestion de la pandémie a pu alimenter la méfiance d’une partie de la population.

Le rapport souligne toutefois que la confiance envers les scientifiques demeure relativement élevée malgré une baisse depuis 2021. Il rappelle également que l’existence de véritables scandales ou collusions économiques peut contribuer à nourrir certains soupçons dans l’opinion publique.

Selon cette étude, les jeunes hommes de 18 à 34 ans constituent le groupe le plus représenté parmi les adhérents convaincus, suivis des hommes de 35 à 54 ans. Les auteurs observent aussi une corrélation entre l’adhésion à ces idées et des situations d’isolement social ou de détresse psychologique. Les personnes concernées consultent moins les médias écrits, la télévision ou la radio, et utilisent davantage les réseaux sociaux pour s’informer.

Enfin, le rapport relève des différences selon la langue et la place de la religion dans la vie des répondants. Les francophones apparaissent moins enclins à adhérer aux théories du complot que les anglophones et les allophones. Les chercheurs notent également qu’une forte religiosité est associée à une plus grande propension à adhérer à ces croyances.

(Source : Radio Canada, 14.05.26)

Pour aller plus loin, à lire sur le site de l’UNADFI : Complotisme de masse? https://www.unadfi.org/actualites/domaines-dinfiltration/internet-et-theories-du-complot/complotisme-de-masse/?highlight=profil%20des%20complotistes

  • Auteur : Unadfi