La Cour supérieure du Québec a autorisé les médecins du CHU de Québec-Université Laval à pratiquer si nécessaire des transfusions sanguines sur une enfant née à 26 semaines de grossesse, malgré l’opposition de ses parents Témoins de Jéhovah.
Grande prématurée, intubée et atteinte d’une cardiopathie, la fillette présente un risque élevé d’anémie sévère. Selon les médecins, l’absence de transfusion entraînerait des lésions irréversibles, des hémorragies cérébrales ou pulmonaires, voire son décès.
Les parents refusent ce traitement en raison de leurs convictions religieuses, les Témoins de Jéhovah rejetant traditionnellement les transfusions sanguines. Saisie en urgence, la juge Isabelle Breton a estimé que la protection de la vie et de la santé de l’enfant devait primer sur la liberté religieuse des parents. S’appuyant sur la jurisprudence d’un arrêt de la Cour suprême de 1995, elle rappelle que les parents ne peuvent refuser un traitement médical indispensable lorsqu’aucune solution alternative n’existe.
L’ordonnance autorise les transfusions pendant quatre mois et est immédiatement exécutoire, afin de garantir une intervention rapide si l’état de santé de l’enfant l’exige.
( La Presse, 29.06.06)
