Aromathérapie, homéopathie, auriculothérapie, réflexologie… Des pratiques de soins non conventionnelles, non reconnues scientifiquement, font l’objet de diplômes universitaires dans plusieurs facultés de médecine françaises. Leur multiplication inquiète les professionnels de santé, qui dénoncent un « entrisme » préoccupant et un risque de confusion pour le public.
En France, le nombre de diplômes universitaires (DU) ou inter-universitaires (DIU) consacrés à des pratiques de soins non conventionnelles a doublé en dix ans, passant de 101 en 2015 à 203 en 2025, selon le Groupe d’étude du phénomène sectaire (GéPS). Le président du Géps soulève également la question des motivations financières des universités, sous-financées, qui proposent ces formations à des tarifs pouvant atteindre 5 000 euros. Ces formations, proposées notamment à Montpellier, Strasbourg, Nancy, Nantes ou Grenoble, couvrent 57 techniques différentes parmi lesquelles l’hypnose, la méditation de pleine conscience, l’aromathérapie ou l’acupuncture.
Elles sont en grande partie ouvertes à des médecins et professionnels de santé, mais pas exclusivement, et ne sont pas reconnues par l’État. Des spécialistes, dont la présidente de la section santé publique de l’Ordre des médecins, s’inquiètent du crédit que le label « faculté de médecine » confère indûment à ces pratiques aux yeux du public. Un rapport remis au gouvernement en janvier 2026 recommandait d’interdire la labellisation académique de pratiques non validées scientifiquement, sans que le ministère de la Santé ne reprenne cette préconisation. La Conférence des doyens de médecine a annoncé qu’elle allait demander un état des lieux et un audit de ces formations en vue d’en retirer les plus problématiques.
(Sud-Ouest, 15.04.2026)
