Les faits remontent à début 2015, lorsqu’un rituel de désenvoûtement a été pratiqué sur un garçon de 14 ans dans un appartement nantais. Le 14 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné le guérisseur de 43 ans à deux ans de prison avec sursis pour violences aggravées et exercice illégal de la médecine et le père de l’adolescent à huit mois avec sursis.
L’adolescent se sentait responsable de la mort accidentelle de son petit frère de 3 ans, happé par un tramway en 2013 et traîné sur plus d’un kilomètre. Suite à ce drame, le jeune présentait des troubles psychologiques qualifiés de délires par sa famille. De retour en République centrafricaine, celle-ci craignait qu’il soit désigné comme enfant-sorcier et victime de violences, voire d’exécution sommaire, pratiques existant dans ce pays.
Le père a fait revenir son fils à Nantes et, après une consultation infructueuse auprès d’un prêtre, a sollicité un guérisseur bordelais réputé dans la diaspora centrafricaine. Ce nganga, terme désignant un guérisseur traditionnel, a facturé 600 euros pour le rituel. La cérémonie, entièrement filmée sur une quarantaine de minutes, montre le garçon allongé sur des plumes, entouré de bougies et d’un poulet sacrifié, subissant des incisions à la lame de rasoir dans la bouche et sur le bas-ventre.
La vidéo, découverte par la police en 2018, a conduit à l’ouverture d’une enquête et à la mise en examen de trois personnes en 2019. Le procureur a précisé que le procès ne portait pas sur les croyances mais sur les violences subies par le mineur. La défense a contesté la qualification de violences, arguant de l’absence d’intention de nuire. Aujourd’hui âgé de 25 ans, le jeune homme se porte bien.
(Sources : Ouest-France, 14.01.2026 & Le Figaro, 15.01.2026)
