Une réforme partielle face aux enjeux médicaux  

Le Collège central (Governing Body) des Témoins de Jéhovah a annoncé, ce 20 mars 2026, un assouplissement partiel de sa doctrine sur le sang, autorisant désormais les fidèles à prélever, conserver et réutiliser leur propre sang lors d’opérations programmées. L’interdiction des transfusions provenant d’un tiers reste maintenue.

Dans une vidéo diffusée sur le site officiel de l’organisation, Gerrit Lösch, membre du Collège central, a présenté cette évolution comme une « clarification », insistant sur la responsabilité individuelle des croyants quant à l’usage de leur propre sang, tout en réaffirmant le caractère sacré de celui-ci. Jusqu’ici, même le recours au sang autologue était proscrit. Cette position s’inscrivait dans une doctrine en vigueur depuis 1945 et renforcée en 1961, exposant les membres acceptant une transfusion à des sanctions religieuses. Le changement ne concerne donc que des situations planifiées, et non les urgences médicales nécessitant du sang extérieur.

L’organisation reconnaît que ce refus a entraîné des décès, tandis que des décisions judiciaires, notamment au Canada et au Royaume-Uni, ont parfois autorisé des transfusions pour sauver des enfants mineurs. Des observateurs et d’anciens membres jugent la mesure insuffisante. Ils estiment qu’elle n’apporte pas de solution aux cas nécessitant des transfusions vitales. Enfin, aucune précision n’a été donnée sur l’application concrète de cette réforme ni sur la mise à jour des directives médicales internes.   

(Source : La Nouvelle Tribune, 21.03.2026)

  • Auteur : Unadfi