Des étudiants dénoncent des pratiques intrusives

À Londres et Édimbourg, plusieurs anciens étudiants accusent la London International Christian Church (ICC) d’avoir exercé des pressions financières et sociales sur de jeunes membres récemment recrutés sur les campus universitaires.

Jodie, 20 ans, raconte que son intégration dans l’église a été rapide et intense. Peu après son baptême, la jeune femme affirme avoir été interrogée sur ses revenus et encouragée à verser chaque semaine une somme d’argent à l’église, alors même que son compte était déjà à découvert. Elle dit avoir fini par utiliser une partie de son prêt étudiant pour effectuer ces dons. Elle n’est pas la seule. Selon une enquête réalisée par la BBC, d’autres anciens membres auraient vécu des expériences similaires et des pressions morales pour recruter d’autres étudiants. Certains affirment aussi avoir été incités à s’éloigner de leurs proches ou à vivre dans des colocations exclusivement composées de membres de l’église, où la vie quotidienne était fortement encadrée. Hanu, un autre ancien étudiant, affirme que des membres de l’église laissaient entendre que ne pas donner revenait à « voler Dieu ». À Édimbourg, une étudiante affirme également qu’on lui a demandé de révéler ses « péchés » lors d’une étude biblique et qu’on l’a poussée à rompre avec son petit ami, non membre de l’église.

La London International Christian Church rejette ces accusations, affirmant que les dons sont volontaires, que ses membres ne doivent jamais demander de relevés bancaires et qu’elle n’impose ni isolement social ni contrôle des relations personnelles. Elle dit également offrir un soutien financier aux membres en difficulté. Enregistrée comme organisme caritatif au Royaume-Uni, l’église déclare des revenus annuels proches d’un million de livres.

À ce stade, aucune procédure judiciaire publique ni plainte pénale n’ont été annoncées. Les experts en droit des associations caritatives rappellent que, juridiquement, un don doit être effectué librement, sans contrainte. Le régulateur britannique de la collecte de fonds pourrait donc examiner la situation, mais il ne dispose pas de pouvoir de sanction directe.

L’enquête de la BBC souligne que l’église cible particulièrement les étudiants vulnérables ou en quête de repères spirituels. Une branche du mouvement a d’ailleurs été interdite d’activité sur le campus du Trinity College de Dublin, après que l’université a estimé que ses événements sociaux servaient en réalité à recruter des étudiants pour un groupe religieux.   

(Source : BBC, 23.01.2026)

  • Auteur : Unadfi