La défiance gagne les campagnes 

En France, la colère des éleveurs bovins s’intensifie face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse et aux mesures sanitaires imposées par l’État. Au-delà de la gestion sanitaire, une défiance profonde s’installe.

Des rumeurs et théories complotistes, comparées par certains à celles apparues durant la pandémie de Covid-19, circulent sur les réseaux sociaux. L’État est accusé de dissimuler ses intentions et d’utiliser la maladie comme prétexte pour réduire le cheptel bovin au nom des objectifs climatiques. Un rapport de la Cour des comptes de 2023, évoquant une baisse du nombre de bovins pour répondre aux objectifs climatiques, sans recommander d’abattages, est brandi par certains comme preuve d’un complot.

La défiance touche également les vaccins et les vétérinaires, désormais la cible de menaces, alors même que la stratégie officielle repose sur des recommandations scientifiques pour endiguer une maladie hautement contagieuse. Après deux réunions de crise, le gouvernement a annoncé l’extension de la vaccination à 750 000 bovins dans dix départements du Sud-Ouest.

Une première réunion d’une cellule de « dialogue scientifique » doit se tenir à Toulouse afin d’examiner d’éventuelles alternatives à l’abattage systématique, sans qu’un changement rapide de stratégie ne soit attendu.

Ce climat explosif est aggravé par les négociations européennes sur l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Les agriculteurs français redoutent une concurrence jugée déloyale des produits sud-américains. 

(Source : RTS, 18.12.2025)

  • Auteur : Unadfi