Radicalisation des jeunes : entre extrême droite, misogynie et réseaux sociaux  

Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015 en France, la question de la radicalisation ressurgit, notamment chez les jeunes au Luxembourg. Si la radicalisation islamiste reste stable, la montée des discours d’extrême droite et de la haine des femmes inquiète.

Karin Weyer, directrice de Respect.lu (centre contre la radicalisation Luxembourgeois), explique que « partout, il y a cette haine des femmes ». Adolescence, une série britannique récente illustre comment de jeunes hommes basculent vers des idéologies masculinistes et incel via les réseaux sociaux.

Respect.lu, actif depuis 2017, a traité 71 cas en 2024, dont 15 dans le cadre du programme « Dialoguer au lieu de haïr », destiné aux auteurs de propos haineux en ligne. Les chiffres montrent deux pics : les moins de 25 ans et les plus de 50 ans. En 2024, un cas concernait un enfant de moins de 12 ans, 26 avaient entre 12 et 18 ans, 18 entre 19 et 30 ans, 23 plus de 30 ans. Selon Karin Weyer, directrice de Respect.lu, les jeunes suivis au centre sont souvent plus avancés dans le processus de radicalisation, car plus difficile à détecter par les autorités.

Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans la diffusion des discours extrêmes, avec une banalisation des propos violents et misogynes. Une étude de l’université de Dublin indique qu’il suffit de 23 à 26 minutes sur TikTok ou YouTube Shorts pour exposer un jeune homme à des contenus misogynes. Les algorithmes, l’absence de protection et la vulnérabilité psychologique favorisent ce phénomène. Respect.lu observe une radicalisation islamiste stable, une hausse de l’extrême droite et des théories complotistes depuis la crise du Covid. La misogynie est un point commun à ces discours. Les mouvements masculinistes gagnent du terrain, renforçant des images genrées problématiques.

Pour prévenir, il faut repérer les changements brusques de comportement et dialoguer sans jugement. Respect.lu encourage les familles et enseignants à ne pas rester seuls et à contacter le centre. La « déradicalisation »(1) passe par la création d’un lien de confiance et parfois par des mesures pour stabiliser la vie du jeune. Le message final : garder le contact avec la personne pour offrir un point de retour si elle s’éloigne de l’idéologie radicale. 

(Source : Virgule, 19.11.2025)

(1)Terminologie utilisée par Respect.lu

  • Auteur : Unadfi