Dans l’Oise, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP), une communauté catholique traditionaliste reconnue par le Vatican, défend la messe en latin selon le rite tridentin et une conception stricte de la tradition catholique.
Fondé en 1990, l’Institut compte 35 prêtres en France et a installé depuis 2020 son siège français à Montagny-Sainte-Félicité.
La communauté est discrète. À Montagny-Sainte-Félicité, quatre chanoines vivent dans une maison bourgeoise où une chapelle privée a été aménagée. À Ver-sur-Launette, l’Institut possède également le domaine de Loisy, comprenant une chapelle, un couvent et un centre de retraite. Les religieuses qui y résident vivent recluses. À Beauvais, la messe est célébrée en latin, avec le prêtre tourné vers l’autel, une cinquantaine de fidèles recevant la communion à genoux. La communauté revendique son attachement à la liturgie antérieure au concile Vatican II et son opposition à la messe moderne.
Mais cette mouvance fait l’objet d’accusations de dérives sectaires. Un rapport confidentiel des évêques de France datant de 2014 évoquait notamment un « culte de la personnalité du fondateur », une « coupure avec l’extérieur » et des phénomènes d’emprise. Un collectif de victimes, créé en mars 2026, affirme de son côté recueillir des témoignages faisant état d’emprise, d’abus et d’agressions sexuelles.
Le diocèse de Beauvais indique n’avoir reçu aucune plainte ou signalement concernant l’Institut. Celui-ci rejette en bloc les accusations.
(Le Courrier Picard, 24/08/28, article avec abonnement : https://www.courrier-picard.fr/id740271/article/2026-08-23/dans-loise-linstitut-du-christ-roi-une-mouvance-catholique-traditionaliste-qui)
