Dans un contexte saturé de slogans « good vibes only », la pensée positive s’est imposée comme une norme sociale. Initialement conçue pour aider à se concentrer sur ce qui va bien, elle s’est transformée en injonction permanente : sourire, relativiser, transformer chaque épreuve en opportunité.
Cette pression se retrouve dans la vie professionnelle, la vie familiale et sur les réseaux sociaux, où abondent citations inspirantes et images idéalisées. Les phrases comme « ça ira mieux » ou « vois le bon côté » sont devenues des réflexes pour éviter les silences et les émotions inconfortables.
Les psychologues parlent de « positivité toxique » lorsque cette attitude conduit à nier la douleur. Répondre systématiquement « ça pourrait être pire » ou « tout arrive pour une raison » envoie le message implicite que les émotions négatives sont inacceptables. Celui qui souffre se sent incompris, jugé ou coupable de ne pas réussir à être optimiste ce qui peut alimenter un sentiment d’échec. À force d’étouffer ses émotions, il se coupe de lui-même, ce qui génère nervosité et fatigue.
Pour se protéger, l’article de Peaches propose des pistes : observer son langage intérieur, remplacer les phrases habituelles par l’écoute (« je t’écoute »), nommer la difficulté (« ce que tu vis est dur »), s’autoriser des jours sans sourire, limiter les contenus prônant le « good vibes only » et exprimer clairement ses besoins (« j’ai besoin d’écoute, pas de réconfort forcé »). L’objectif n’est pas de bannir l’optimisme mais de retrouver une souplesse émotionnelle et d’accepter les journées grises sans culpabilité.
(Source : Peaches, 22.11.2025)
