Antonino Mercuri, un ostéopathe parisien âgé de 63 ans, comparaîtra prochainement devant le tribunal correctionnel de Paris pour abus de faiblesse, blanchiment, exercice illégal de la médecine et fraude fiscale. Le préjudice total est estimé à près de treize millions d’euros. L’intéressé conteste fermement les accusations.
L’enquête, ouverte après un signalement de la Miviludes en 2015, décrit un système d’emprise sophistiqué ayant touché 51 anciens patients. Séduits par ses « soins énergétiques » et ses prétendus dons, certains clients en seraient venus à financer des séances facturées jusqu’à 400 € ou des stages à l’étranger atteignant plusieurs milliers d’euros. Plusieurs victimes auraient dilapidé leurs économies, vendu leurs biens immobiliers et rompu avec leur entourage.
Les enquêteurs ont mis au jour des échanges où l’ostéopathe, présenté comme un « maître », prétend diagnostiquer des cancers à distance ou « traverser la matière ». L’analyse de ses comptes bancaires révèle près de trois millions d’euros de dépôts en espèces entre 2012 et 2018. Au moment de son interpellation, il possédait une cinquantaine de biens immobiliers et percevait parfois ses honoraires en montres de luxe. Son compagnon et associé est également renvoyé devant la justice pour complicité.
Le juge d’instruction décrit une mécanique d’emprise mêlant isolement, culpabilisation et discours mystique, menant certains patients à un état de dépendance psychologique qualifié « d’emprise sectaire » par plusieurs témoignages. Un expert évoque chez le mis en cause « une personnalité narcissique à fantasmes de toute-puissance ».
Si de nombreuses victimes racontent détresse financière et rupture sociale, d’autres continuent de soutenir l’ostéopathe. Les parties civiles espèrent une « sanction lourde ». La défense, elle, annonce aborder l’audience « avec sérénité », affirmant qu’il ne proposait que des soins « librement choisis ». La date de procès n’a pas encore été fixée.
(Source : Le Parisien, 21.11.2025)
