Communauté de Bratslav : témoignages des victimes d’abus et de mariages d’enfants au Parlement

Lors d’une audition tendue à la Knesset, d’anciens membres de la communauté hassidique de Bratslav de Yavneel, dans le nord d’Israël, ont dénoncé des pratiques systématiques de mariages forcés d’enfants ainsi que l’inaction prolongée des autorités. 

La réunion était organisée par la commission parlementaire sur le statut des femmes, présidée par Meirav Cohen, qui a interrogé les représentants des services sociaux et de la police sur leur incapacité à faire appliquer la loi pendant des années.

Plusieurs témoignages ont mis en lumière l’emprise exercée au sein de cette communauté religieuse fermée, qui compterait environ 300 familles. Sarah Maimoni, ancienne membre du groupe, a raconté avoir été mariée à 15 ans puis mère à 16 ans. Elle a qualifié cette expérience de « viol au plein sens du terme », racontant les conséquences psychologiques de ce traumatisme. Selon elle, les autorités de protection de l’enfance ont échoué à protéger les mineurs exposés à ces pratiques. Désormais mère de huit enfants et grand-mère, elle réclame la création d’une cellule conjointe entre police et services sociaux afin de mieux lutter contre ces mariages précoces.

Un autre ancien membre, Nachman Bolotin, a décrit un système de « lavage de cerveau » où les enfants grandissent en considérant les unions précoces comme normales, voire souhaitables. Il affirme que certains adolescents de 13 ans cherchaient eux-mêmes à se marier sous l’influence des normes communautaires. Il dit avoir tenté d’alerter la police, sans obtenir de réponse sérieuse.

Face aux critiques, les représentants des services de l’État ont reconnu les difficultés rencontrées pour intervenir dans des communautés très fermées et influentes. Ils ont cependant assuré que des efforts plus importants n’avaient réellement commencé que récemment. En 2023, un groupe d’experts gouvernementaux a ainsi été créé pour enquêter sur la communauté de Bratslav et sur les défaillances institutionnelles ayant permis la persistance du phénomène.

L’audition s’appuie également sur un rapport du Centre de recherche et d’information de la Knesset révélant l’ampleur du problème des mariages d’enfants en Israël. Entre 2023 et 2025, l’Autorité de la population et de l’immigration a transmis 321 signalements de mariages de mineurs à la police. Pourtant, seules quatre mises en accusation ont été prononcées, illustrant selon les députés et les victimes une application très insuffisante de la loi.

Ces témoignages ont ravivé le débat sur la protection des enfants dans certaines communautés religieuses isolées et sur la responsabilité des institutions israéliennes face à des pratiques considérées comme des abus graves et durables.

(Time of Israel : 26.05.2026)