Une tribune collective de professionnels de la santé mentale alerte sur le développement rapide de pratiques non encadrées en ligne, où des intervenants peu ou pas formés proposent des accompagnements psychiques, dans un contexte de forte demande et de régulation jugée insuffisante.
La tribune décrit l’essor de pratiques d’accompagnement psychologique exercées par des personnes sans formation clinique reconnue, facilitées par internet et les réseaux sociaux. Elle souligne que certaines formations privées, parfois financées par des fonds publics, délivrent des certifications rapides sans garantir de compétence scientifique. Les auteurs pointent aussi l’usage de dispositifs officiels comme le RNCP ou le label Qualiopi, perçus comme insuffisants pour attester du sérieux des formations. Selon eux, cette situation contribue à la création d’un marché parallèle du soin psychique. Ils insistent sur les risques pour les patients, notamment en cas de prise en charge inadaptée ou retardée. La tribune met en avant la vulnérabilité particulière des personnes en souffrance psychique, qui peuvent difficilement évaluer la qualité des intervenants. Elle estime que la protection actuelle des titres professionnels est contournée par de nouvelles appellations. Les auteurs interrogent la place de la régulation publique face à ce phénomène. Ils proposent de réserver certaines pratiques aux professionnels qualifiés, en particulier pour les mineurs. Enfin, ils appellent à mieux encadrer les formations, les financements publics et la diffusion de contenus liés à la santé mentale.
(Sources : Le Figaro, 04.04.2026)
