Au Ghana, en raison d’une pénurie sévère de professionnels de santé mentale — environ 80 psychiatres pour plus de 35 millions d’habitants —, de nombreuses familles recourent à des camps de prière évangéliques pour traiter des troubles psychiques tels que la dépression, l’anxiété ou les psychoses.
Ces structures, dont plusieurs sont installées dans la forêt d’Achimota en banlieue d’Accra, proposent jeûne et prières comme remèdes, dans un contexte où 60 % des Ghanéens attribuent les maladies mentales à la sorcellerie ou aux malédictions, selon une enquête Afrobarometer de 2022. Les troubles mentaux touchent plus de 21 % de la population ghanéenne, mais seulement 2 % du budget national de santé leur est consacré. Des médecins alertent sur les risques de ces pratiques non réglementées : certains patients y subissent enchaînement, jeûne forcé et isolement, ce qui peut aggraver leur état et retarder des soins appropriés. Bien que le Ghana ait interdit l’usage des chaînes sur les malades en 2017, Human Rights Watch a encore contribué à la libération de plus de 30 patients enchaînés en 2023. La loi sur la santé mentale de 2012 interdit la torture et les traitements inhumains, mais son application reste lacunaire : seules cinq des seize régions disposent de comités de contrôle opérationnels. Des professionnels de santé plaident pour une collaboration entre guérisseurs religieux et médecins, notamment pour orienter les cas les plus graves vers les structures hospitalières.
(Source : TV5 Monde, 07.02.26)
