Un rapport déposé en décembre 2025 auprès de la Cour supérieure du Vermont affirme que l’organisation bouddhiste Shambhala a, pendant plusieurs décennies, toléré et dissimulé des abus sexuels visant des mineurs. Ce document s’inscrit dans le cadre d’une action civile intentée par un ancien résident d’Halifax contre Shambhala USA et John Weber, un ancien employé.
La plainte, déposée en mai 2020, accuse John Weber d’avoir agressé sexuellement le plaignant en 1983, alors qu’il était âgé de quinze ans, au centre de retraite Karmê Chöling, dans le Vermont. Le jeune aurait été invité à passer la nuit dans le loft de John Weber où les faits allégués se seraient produits. Les chefs d’accusation d’abus sexuel sur mineur et de négligence grave ont été jugés recevables par la Cour supérieure en 2021, bien que les allégations n’aient pas encore été examinées sur le fond. L’affaire repose notamment sur la suppression, en 2019, des délais de prescription pour les actions civiles liées aux abus sexuels sur mineurs au Vermont, une réforme dont la constitutionnalité a été confirmée par la Cour suprême de l’État en 2023.
Le nouveau document versé au dossier est un rapport d’enquête dirigé par l’enquêtrice Carol Merchasin, portant sur la culture de Vajradhatu (ancien nom de Shambhala) entre 1975 et 1995. Le rapport recense dix-neuf cas jugés crédibles d’abus ou d’exploitation sexuelle impliquant des enfants et des mineurs, souvent commis par des responsables ou des membres influents de la communauté.
Selon les auteurs, ces abus s’inscrivent dans un contexte de leadership autoritaire, de répression de la dissidence et d’absence de responsabilité. Le rapport conclut à un problème systémique, affirmant que les dérives sexuelles au sein de l’organisation ne relevaient pas d’incidents isolés mais d’une culture institutionnelle permissive.
Fondée dans les années 1970 par Chögyam Trungpa, Shambhala fait l’objet d’un examen depuis plusieurs années en raison de multiples témoignages et procédures judiciaires portant sur des abus. L’affaire du Vermont s’ajoute à une série de recours visant à établir les responsabilités de l’organisation.
(Source : Buddhistdoor Global, 15.01.2026)
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