Un mouvement qui attire les éco-anxieux

Né à Rennes en 2022, Anti-Tech Resistance (ATR) s’impose comme un groupe d’écologie radicale dont l’objectif affiché est de « démanteler le système technologique ».

Le mouvement ATR, composé d’une centaine de jeunes diplômés répartis entre Rennes, Paris, Nantes et Lyon, s’est fait connaître en février 2025 lors d’une action contre un sommet international sur l’intelligence artificielle à Paris, ayant conduit à l’annulation de la venue d’Anne Hidalgo.

Fondé par de jeunes militants issus d’autres organisations écologistes, ATR prône l’arrêt de l’ensemble des technologies apparues depuis la révolution industrielle, y compris dans le domaine médical. Une position qui lui vaut d’être accusé de validisme [discrimination envers les personnes en situation de handicap] et d’eugénisme par d’autres mouvements écologistes. Sur son site, le groupe adopte parfois une rhétorique virulente, dénonçant la médecine moderne comme un rouage d’un « système mortifère ».

Si ATR effraie une partie de la gauche écologiste, les chercheurs nuancent. Selon David Porchon, politiste ayant étudié le groupe, « il existe un écart entre la radicalité du discours et les pratiques observées, essentiellement tournées vers la formation et l’analyse critique des technologies ». Il estime que la montée d’une telle radicalité interroge surtout l’ampleur du malaise écologique. Selon lui, « une population de plus en plus éco-anxieuse, particulièrement chez les 25-34 ans, voit dans la critique de la civilisation industrielle une réponse à un sentiment d’effondrement imminent ». 

(Source : Ouest-France, 27.11.2025)

  • Auteur : Unadfi