La secte familiale des Ligonnès

Le magazine Society a consacré cet été deux numéros à l’affaire Dupont de Ligonnès. Des journalistes se sont, entre autres, penchés sur le groupe sectaire et les croyances de Geneviève, la mère de Xavier Dupont de Ligonnès(XDDL), et de sa sœur Christine. Ce mouvement intrigue les policiers qui travaillent sur le « volet familial » de l’affaire. Lire la suite

Enquête préliminaire visant la mère et la soeur de Xavier Dupont de Ligonnès

Selon les révélations du journal Le Parisien, le parquet de Metz aurait ouvert, le 24 novembre 2019, une enquête préliminaire pour « abus de faiblesse en état de sujétion psychologique » contre Geneviève et Christine, mère et soeur de Xavier Dupont de Ligonnès..

L’ouverture de cette enquête fait suite au signalement de deux frères qui soupçonnent leur père, d’être depuis près de 20 ans sous l’emprise de l’Église de Philadelphie et d’avoir dilapidé ses économies dans le groupe de prière fondé dans les années 1970 par Geneviève Dupont De Lignonnès. Lors du décès de leur mère au début de l’année 2019, ils ont constaté que leur père ne pouvait assurer les dépenses des obsèques. Devant son état, les frères l’auraient fait hospitaliser d’office en mars. Sorti peu de temps après, le père soutenu par sa fille, également membre du groupe, a déposé une main courante contre ses deux fils les accusant de manipulation. Pourtant, ces derniers s’interrogent sur la disparition des 250 000 euros qu’avait rapportés la vente de leur seul bien immobilier ainsi que de la disparition des bénéfices de l’assurance vie de leur mère. Ils sont d’autant plus inquiets que l’un d’eux ayant été, lui aussi, membre de l’Église, raconte avoir été contraint de régler les factures téléphoniques de Christine Dupont de Ligonnès. C’est pourquoi, l’été dernier ils se sont rendus à l’Adfi Alsace pour signaler les faits. En novembre 2019, les deux frères ont saisi le juge des tutelles « pour demander une mesure de protection de leur père. C’est suite à cela que le parquet de Metz a ouvert une enquête préliminaire, dont vient de se saisir le parquet de Versailles.

Selon Anne Josso de la Miviludes, « les faits étaient suffisamment précis et circonstanciés pour être portés à la connaissance du procureur de la République ». Les investigations confiées à l’OCRVP et à la Direction interrégionale de la police judiciaire de Versailles ont pour objectif de vérifier si les ressources du couple ont été dépensées au profit du groupe et d’établir le montant de l’éventuel préjudice financier.

Ce n’est pas la première fois que l’Église de Philadephie attire l’attention de la justice. En 2011, ses membres avaient fait l’objet d’une enquête après la découverte du quintuple meurtre commis par Xavier Dupont de Ligonnès, le fils de Geneviève, afin de déterminer si l’un d’eux l’avait abrité dans sa fuite bien qu’il ait quitté le groupe en 1995.

Selon l’avocat du père et de la famille De Ligonnès, les deux frères poursuivraient une vengeance personnelle.

En 1995 déjà, des faits inquiétants concernant le groupe avaient été rapportés à l’Adfi de Rennes par l’intermédiaire d’un prêtre auquel un ex-membre avait décrit une réunion des adeptes dans l’attente de la fin du monde, mainte fois annoncée par Geneviève Dupont de Ligonnès

A l’époque, un rapport faisait état des ses exigences : « chauffeur, écoute des désirs, financement de tous ses besoins, assistance financière… ». Le document fait aussi mention de déscolarisation d’enfant, de ruptures familiales, d’activités générant « un travail énorme qui empêche de penser, de l’obligation de détruire tout message personnel « pour ne pas laisser de preuves ». Pour Marie Drilhon, présidente de l’Adfi Yvelines et membre du bureau de l’Unadfi, Geneviève Dupont de Ligonnès « est une femme très charismatique qui a le goût du pouvoir ». Elle souligne que le groupe n’a pas été l’objet de plaintes. Selon elle, « il y avait des signes d’emprise mais jusqu’ici, pas de quoi saisir la justice ».

L’Église de Philadelphie, aussi appelée Philadelphie ou le Jardin (chacun des adeptes porte un nom de fleur) a été fondée par Geneviève Dupont de Ligonnès au début des années 1970. Mère de trois enfants, c’est après avoir été quittée par son mari qu’elle et quelques familles versaillaises se réunissent en un groupe de prière fermé d’inspiration catholique traditionaliste et apocalyptique.

Se décrivant comme « l’âme privilégiée », Geneviève reçoit et transcrit en onciale (une écriture utilisée du IV au VIIe siècle) les messages dictés par Dieu. Gagnant des fidèles, le groupe comptera près de 40 membres, dont certains l’entretiendraient financièrement, à l’image de l’un d’eux qui aurait racheté l’appartement où elle vivait. Aujourd’hui la relève a été prise par sa fille Christine, « l’élue » qui diffuse les messages de sa mère sur le site internet Gloria TV sous le pseudonyme de MAM Rédemption. D’après un ex-adepte, cette dernière serait enceinte du sauveur de l’humanité. Dans un fascicule dévoilé en 1995 la « religion catholique est décrite comme une synagogue de Satan », la révolution française comme la première réussite du « complot luciférien opposant bien et mal », sur lequel la victoire a été annoncée déjà trois fois par Geneviève. Trois dates auxquelles les membres du groupe se sont réunis pour attendre l’apocalypse.

(Sources : Le Parisien, 23.01.2020 & Le Figaro, 24.01.2020)

Philadelphie ou Eglise de Philadelphie

L’UNADFI a eu connaissance en 1995 du groupe de prière « Philadelphie », dit « Eglise de Philadelphie » ou encore « Le Jardin ».

Des anciens adeptes du groupe et des proches d’adeptes avaient alors contacté l’ADFI Bretagne.

La fondatrice du groupe, Geneviève de Ligonnès, prétendait recevoir des « messages » qui ont été, au fur et à mesure, consignés dans un livret intitulé « Message d’Amour et de Miséricorde – Oeuvre de Rédemption ».

Il apparaissait que le groupe dit « Eglise de Philadelphie » comportait de nombreux critères de type sectaire :
 

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