De plus en plus pratiquées en France, les constellations familiales séduisent un public en quête de guérison émotionnelle. Popularisée par les réseaux sociaux et la série Le Chemin de l’olivier sur Netflix, cette thérapie brève interroge les autorités. La Miviludes met en garde contre les risques de dérives et l’absence de cadre réglementaire.
Nées en Allemagne dans les années 1990, les constellations familiales consistent à rejouer les dynamiques d’une famille sous forme de jeu de rôles, pour révéler les traumatismes transmis entre générations. Depuis quelques années, cette pratique connaît un succès grandissant en France.
À Paris, l’Institut Généapsy confirme un fort engouement pour ses formations. « Avec les réseaux sociaux, les demandes explosent », note sa présidente, Maud Pannequin. Reste que la profession de « constellateur » n’est reconnue par aucun diplôme officiel.
C’est précisément cette absence de cadre qui alarme la Miviludes. Dans ses rapports, elle évoque des « effets déstabilisants » sur certaines personnes après une ou plusieurs séances et évoque un possible risque d’emprise mentale. De nombreux témoignages illustrent ces dérives. Une participante raconte, par exemple, avoir coupé les liens avec sa famille après qu’un constellateur lui a affirmé, à tort, que son père n’était pas son père.
Du côté des psychologues, les avis sont partagés. Certains soulignent l’intérêt symbolique et émotionnel de l’approche, d’autres dénoncent une pratique trop théâtralisée et simplificatrice. « On fait parfois croire que les blessures familiales expliquent tout », observe Gladys Mondière, présidente de la Fédération française de psychologie. En l’absence de reconnaissance institutionnelle, la prudence reste de mise.
(Source : Le Parisien, 26.10.2025)
