Les transformations réciproques de l’hindouisme et de l’Occident depuis la fin du XIXe siècle sont nombreuses.
L’attrait occidental pour les spiritualités orientales souvent idéalisées s’explique notamment par une quête d’exotisme et par le sentiment d’avoir perdu une dimension spirituelle dans une société moderne et matérialiste.
Pour répondre à cet intérêt, les élites indiennes et les gourous réinterprètent leurs traditions afin de les rendre plus accessibles à la modernité occidentale. Les pratiques sont simplifiées et présentées comme des voies universelles. Le terme même d’« hindouisme » est en partie une construction intellectuelle occidentale, progressivement adoptée en Inde.
La relation traditionnelle entre le gourou et son disciple évolue elle aussi. Autrefois fondée sur une transmission personnelle et durable, elle devient progressivement transnationale. Les gourous indiens dirigent de vastes organisations internationales et ils ressemblent désormais davantage à des « entrepreneurs de la spiritualité » ou à des influenceurs qu’aux sages ascètes traditionnels.
Cette mondialisation peut favoriser certaines dérives, comme le gourou Osho, qui dirigea une immense communauté aux États-Unis, affichait un train de vie luxueux et dont l’organisation fut impliquée dans une attaque bioterroriste en 1984.
(Le Monde, 09/08/26, article payant : https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/08/09/du-sage-ascete-a-l-influenceur-suivi-par-des-millions-de-followers-les-gourous-hindous-et-leurs-disciples-a-l-heure-de-la-mondialisation_6741847_3451060.html)
Pour aller plus loin sur le site de l’UNADFI : Osho, https://www.unadfi.org/actualites/groupes-et-mouvances/sous-couvert-de-liberte-spirituelle-cetait-le-chaos/?highlight=osho
