Entre faits divers et remise en question doctrinale, plusieurs affaires récentes relancent le débat sur la place des châtiments corporels dans certains milieux chrétiens aux États-Unis. La frontière entre discipline et maltraitance apparaît de plus en plus contestée.
Une enseignante d’une école chrétienne d’Alabama, récemment élue « institutrice de l’année », a été arrêtée et licenciée après la diffusion d’une vidéo virale la montrant en train de frapper son fils avec une ceinture. Selon les autorités, Randi Nicole Staples l’aurait également insulté, violemment réprimandé, et lui aurait tiré les cheveux, pour ne pas avoir effectué ses corvées. La scène, filmée à son insu par un membre de la famille, a conduit à l’inculpation de l’enseignante pour maltraitance volontaire sur mineur.
Cette affaire n’est pas isolée. L’église 2819, une méga-église d’Atlanta, a renvoyé l’un de ses pasteurs, Kenneth McFarland, après son arrestation pour avoir battu son beau-fils de quinze ans avec un câble électrique. Si la direction de l’église a condamné les faits, plusieurs sermons prononcés dans la foulée ont continué à défendre une discipline parentale sévère, en minimisant la violence des châtiments corporels.
Pour l’autrice chrétienne Marissa Franks Burt, ces cas révèlent un problème plus profond. Après avoir analysé de nombreuses ressources d’éducation chrétienne, elle estime que certains enseignements religieux ont contribué à banaliser la fessée et, dans certains cas, à légitimer des abus. S’appuyant sur des études et des témoignages d’adultes marqués durablement par ces pratiques, elle affirme que les châtiments corporels sont inefficaces, nocifs et contraires au message biblique. Elle appelle les chrétiens à abandonner définitivement la fessée au profit de méthodes éducatives non violentes, fondées sur le respect et la protection de l’enfant.
(Source : RNS, 26.11.2025)
