Un adolescent de Fredericton est accusé par les autorités d’avoir forcé des victimes à se mutiler. Il aurait aussi menacé des écoles et fait la promotion en ligne du groupe 764, récemment inscrit sur la liste canadienne des entités terroristes.
Un mineur a comparu devant le tribunal provincial pour adolescents de Fredericton à la suite d’une enquête menée par la police locale et la Section de la sécurité nationale de la GRC (Gendarmerie Royale du Canada). Selon les autorités, le jeune aurait contraint des victimes à s’infliger des blessures, proféré des menaces contre des établissements scolaires au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis, et diffusé du matériel de propagande associé au groupe 764. Il s’agit du deuxième dossier du genre en deux semaines dans la province. Suite à sa comparution, l’adolescent a été placé sous contrôle judiciaire strict. La GRC a expliqué que ce type d’ordonnance est utilisé lorsque les enquêteurs estiment qu’il existe un risque de passage à l’acte.
Ajouté à la liste des entités terroristes à la fin de l’an dernier, le groupe 764 recrute principalement en ligne. Selon Mathieu Colin, professeur à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la radicalisation, ses membres ciblent des jeunes, les manipulent et les entraînent dans une spirale de violence croissante. « La violence devient une monnaie sociale. Plus un membre provoque des actes extrêmes, plus il gagne en stature au sein du groupe », résume-t-il. Le chercheur souligne que l’organisation ne repose pas sur une idéologie structurée mais sur la glorification du chaos et de la violence.
Les autorités parlent d’une menace bien réelle, amplifiée par les réseaux sociaux et les espaces numériques fermés. L’inspecteur Aaron Glode, responsable de la Section de la sécurité nationale pour la région de l’Est, affirme que cette affaire illustre les dangers de l’exposition aux milieux extrémistes en ligne. Les forces policières rappellent que ces enquêtes, souvent internationales, sont complexes et nécessitent une collaboration entre plusieurs pays. Elles exhortent les parents à demeurer attentifs aux activités en ligne de leurs enfants.
(Source : Radio Canada, 19.02.2026)
