Derrière les projecteurs, le passé méconnu de Glenn Close  

Icône d’Hollywood, Glenn Close s’est imposée au cinéma par sa capacité à se métamorphoser, de la flamboyante Cruella à la marquise de Merteuil en passant par la troublante Alex Forrest. Mais derrière cette carrière éclatante se cache une enfance marquée par l’empreinte d’un mouvement religieux coercitif.

Née en 1947 dans une famille aisée du Connecticut, Glenn Close a grandi aux côtés d’un père chirurgien personnel de Mobutu Sese Seko. À 7 ans, ses parents, séduits par le Réarmement Moral (RAM), un mouvement chrétien international que l’actrice qualifiera plus tard de secte, ont entraîné toute la famille en Suisse. Fondée par le pasteur Frank Buchman, l’organisation prône une discipline extrême, des valeurs morales absolues et défend, dans les années 1960, une ligne ouvertement conservatrice, anti-communiste et hostile à l’homosexualité.

Éduquée dans un pensionnat contrôlé par le RAM, Glenn Close a dû avancer dans la vie sous surveillance permanente, soumise à une forte pression psychologique. Les règles étaient strictes, l’autonomie proscrite. « Tout ce que l’on faisait pour soi était considéré comme égoïste », raconte-t-elle dans plusieurs documentaires. Privée d’une enfance ordinaire, elle s’efforce d’être « un bon petit soldat », au prix de l’effacement de son identité.

Ce n’est qu’à 22 ans qu’elle quitte le mouvement et regagne les États-Unis pour étudier à l’université William & Mary. Mais les séquelles sont profondes. Glenn Close décrit son passé au RAM comme « une forme de violence psychologique », marquée par la culpabilisation, le contrôle et une misogynie latente. Elle admet souffrir durablement de difficultés à nouer des relations ou à s’affirmer, et a consulté des spécialistes des traumatismes de l’enfance.

Le cinéma deviendra son échappatoire et, selon ses mots, « ce qui l’a sauvée ». En transformant sa douleur en force créatrice, Glenn Close s’est forgé une carrière exceptionnelle, donnant vie à des personnages puissants, comme une revanche silencieuse sur les années d’emprise qui ont marqué sa jeunesse. 

(Source : Madame Figaro, 26.11.2025)

  • Auteur : Unadfi