Une transfusion sanguine autorisée par la justice malgré le refus religieux   

La Haute Cour a autorisé « l’administration de tous les traitements médicaux nécessaires, y compris une transfusion sanguine », à une adolescente de seize ans enceinte qui s’y opposait pour des raisons religieuses. La décision a été rendue suite à une saisine par le service de santé irlandais (HSE), alors que la jeune fille, soutenue par ses parents témoins de Jéhovah, refuse toute transfusion.

Dans son jugement, le magistrat s’est appuyé sur l’avis des médecins, selon lesquels une transfusion ne serait envisagée qu’en dernier recours. Les spécialistes ont toutefois souligné que la première grossesse d’une mineure comporte un risque accru de complications, notamment d’hémorragie sévère pouvant nécessiter une intervention urgente pour sauver la vie de la patiente.

Si la jeune fille semblait comprendre le principe et les conséquences d’une transfusion, son médecin estimait que son jugement était influencé par ses convictions religieuses, ce qui limitait sa capacité à évaluer pleinement les risques.

Le tuteur désigné par le tribunal a indiqué que l’adolescente n’était pas particulièrement pratiquante et n’avait pas encore choisi d’être baptisée. Elle a toutefois toujours exprimé une opposition ferme aux transfusions, considérées comme un principe central de sa religion. Elle a aussi confié qu’il lui serait « plus facile » que la décision ne lui appartienne pas, même si elle s’en sentirait coupable. En revanche, elle accepterait qu’une transfusion soit administrée à son futur enfant si nécessaire.

Pour le juge Heslin, plusieurs droits constitutionnels entraient en jeu, dont la liberté religieuse, l’intégrité physique, le droit à la vie et les droits de l’enfant. Tout en tenant compte de l’opinion de la mineure, qu’il a décrite comme une adolescente « en pleine maturation », il a estimé que les preuves médicales soulevaient des doutes sur sa capacité à refuser un traitement vital.

Le tribunal a conclu que l’autorisation d’une transfusion si elle devenait cliniquement nécessaire constituait l’équilibre approprié entre ces droits parfois contradictoires. Refuser cette possibilité aurait, selon le juge, constitué « un manquement flagrant » au droit de la jeune fille à la vie et à l’intégrité physique.   

(Source : The Irish Times, 05.03.2026)

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  • Auteur : Unadfi