Maternité et soumission des femmes dans un mouvement chrétien fondamentaliste

Le mouvement Quiverfull qui prône une lecture littérale de la Bible repose sur deux fondements idéologiques : la soumission totale des femmes à leur mari et le refus de toute planification des naissances.

Ce courant chrétien évangélique fondamentaliste né dans les années 1980 aux Etats-Unis revendique un retour à des rôles genrés très stricts. Les enfants étant considérés comme un « don de Dieu », les familles sont nombreuses, parfois de douze enfants ou plus. L’école à la maison fait aussi partie des principes d’éducation du mouvement, avec une défiance envers les « écoles du gouvernement ».

La soumission des femmes se fonde sur une lecture littérale de certains versets de la Bible et sur l’idée que la relation entre le mari est la femme est semblable à celle entre Dieu et son Eglise. Dans ces communautés extrêmes, la femme n’a ni le droit de conduire ni celui de voter.

Le mouvement a par ailleurs fait l’objet de plusieurs alertes pour des violences sexuelles et conjugales. En 2015, un rapport de police rendu public a révélé qu’un des fils de la famille Duggar, âgé de 15 ans au moment des faits, avait agressé plusieurs jeunes filles dont ses sœurs. Il a été arrêté en 2021, avec détention d’images pédopornographiques.

Outre les violences conjugales, les punitions corporelles envers les enfants font aussi scandale. Dans plusieurs affaires, des parents appliquaient les méthodes de Michael et Debi Pearl, connus pour leur ouvrage « To train up a child » préconisant des châtiments jugés appropriés à l’éducation des enfants.

Des personnes ayant quitté le mouvement soulignent ces dérives. « J’ai été endoctrinée à voir le monde entier à travers un filtre religieux […] Les seules choses que j’ai apprises à la maison tournaient autour du rôle que l’on m’a assigné en tant que fille et future épouse », déclare Cynthia Jeub, ancienne membre de la communauté.

Kathryn Joyce, journaliste et auteur de Quiverfull : inside the patriarchy movement, note que des communautés d’anciens Quiverfull se créent en ligne pour aider à quitter le mouvement, s’entraider et gérer les post-traumatismes.   (Source : Slate.fr, 19.11.2021)