Extrait de l’intervention de Pierre Le Coz lors de la conférence de la FECRIS
« Confusion concertée et intentionnelle entre secte et religion », à Marseille, le 16
mai 2015.
Professeur de philosophie, Pierre Le Coz dirige le département des sciences
humaines de la Faculté de médecine de Marseille. Dans un essai paru en 20141,
il constate le « triomphe de l’émotion » tant dans les medias que dans la vie
politique et, rappelant que l’émotion est le ressort de la manipulation, alerte sur
les risques individuels et collectifs d’un tel « gouvernement des émotions ».
Dans cette intervention, « Le point de bascule de la religion à la secte », il fait
appel à plusieurs analyses des « rouages de l’emprise sectaire » avant de porter
une attention particulière aux effets de l’emprise sectaire sur la vie émotionnelle
de l’adepte.
Religion
Des mots qui font recette dans les réseaux sectaires
Religion, église, culte, rites, sacré, spirituel, spiritualité, âme, mystique,
transcendance, méditation, prophète, anges, démons : tous ces mots de la
« sphère du religieux » sont utilisés par un grand nombre de groupes sectaires.
Et ce n’est bien sûr pas un hasard, car ces mots font recette : ils ont pour but
de présenter une façade respectable, d’obtenir des avantages fiscaux, mais aussi
d’empêcher les autorités civiles d’intervenir dans le fonctionnement interne de
l’organisation, fut-il attentatoire aux droits fondamentaux.
Ils montrent aussi que l’emprise sectaire est d’autant plus solide qu’elle a prise
sur l’intimité de l’individu dans ses aspirations profondes, dont peut faire partie
une « aspiration religieuse » ou un « sentiment religieux ».
Mais quelles réalités recouvrent-ils lorsqu’ils sont utilisés pour établir le pouvoir
d’un gourou habile à jouer sur les confusions et les ambiguïtés ? Que touchentils
de fondamental pour séduire ? S’interroger sur ce qu’ils impliquent peut
permettre de repérer les ambiguïtés d’une proposition séduisante, de décrypter
d’éventuels mécanismes d’emprise sectaire.
Une défaite pour les jedis
La commission de contrôle des institutions charitables au Royaume-Uni a décidé de ne pas reconnaître comme association religieuse le Temple de l’ordre des jedis.
L’Eglise d’Angleterre dénonce une tentative d’infiltration sectaire
L’Église d’Angleterre a envoyé une mise en garde officielle à plusieurs centaines d’églises britanniques pour dénoncer les tentatives d’infiltration d’un groupe originaire de Corée du Sud agissant sous le nom de Parachristo. Le groupe s’introduit dans les congrégations pour recruter de nouveaux adeptes en proposant des études bibliques.
Un jeûne mortel en Inde
Début octobre, une jeune adolescente indienne de 13 ans est décédée d’une crise cardiaque après s’être nourrie d’eau bouillie pendant 68 jours.
Débat autour du droit de soigner les enfants par la prière
Les parlementaires de l’Idaho ont réuni un groupe de travail sur les « les risques encourus par les enfants dont les parents croient en la guérison par la foi ». Ils n’ont pas prévu, pour l’instant, de légiférer sur le sujet, mais ont entendu les arguments pour et contre le droit d’autoriser des parents croyants à privilégier des soins spirituels pour soigner leurs enfants.
Peut-on tout permettre au nom de la liberté religieuse ?
C’est le débat qui fait rage aux Etats-Unis depuis qu’en Indiana, une mère de famille, Kin Park Thaing, accusée de coups et blessures sur son enfant de sept ans, a demandé l’annulation des poursuites contre elle en invoquant l’« Indiana’s religious freedom restoration act ».
Sous le masque de l’Église
Les responsables d’établissements privés d’enseignement catholique ont été mis en garde contre les tentatives d’infiltration d’une association Femmes internationales murs brisés (FIMB) proposant des séances de chindaï (art martial). Plusieurs témoignages dénoncent certains agissements au sein du groupe : questions interdites, délation, culpabilisation, propagande noire et exclusion des contestataires, ruptures familiales…
Exonération fiscale et religion
La Cour suprême du Massachusetts doit statuer sur l’exonération fiscale de locaux appartenant au sanctuaire national de Notre-Dame de La Salette à Attleboro. Cette décision pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’ensemble des organisations religieuses des États-Unis. Le conflit porte sur le statut fiscal des organisations religieuses, mais la question plus profonde est de savoir qui va définir la religion.
Le pastafarisme ou l’incroyable naissance d’une religion
Il y a quelques semaines, le premier mariage « pastafarien » légal a été célébré en Nouvelle Zélande. Ce culte créé en 2005 par l’américain Bobby Henderson fait des émules à travers le monde et démontre que chaque époque génère ses désirs de conversion et ses besoins de rassemblement.
