Les antivax se tournent vers l’Ukraine

La presse constate que différentes figures du mouvement antivax diffusant depuis deux ans de nombreuses fausses informations sur les vaccins contre la Covid-19 proposent aujourd’hui un contenu de désinformation sur la guerre en Ukraine, soutenant notamment Vladimir Poutine.

Des chantres de l’anti-vaccination, des gourous de la santé comme Jean-Jacques Crèvecoeur ou Christian Tal Schaller et des adeptes de QAnon, tous semblent avoir quelque peu délaissé la pandémie pour se consacrer à la guerre en Ukraine et dispenser un contre discours le plus souvent favorable à Vladimir Poutine.

Certains réseaux conspirationnistes n’ont cependant pas changé leurs cibles et visent toujours Bill Gates ou George Soros. Ces deux milliardaires américains sont accusés d’avoir financé des usines d’armes biologiques en Ukraine. La guerre serait programmée pour pouvoir fabriquer un nouveau virus. L’intervention de la Russie en Ukraine est alors perçue comme salutaire pour enrayer ce scenario. On retrouve aussi un mélange d’autres récits complotistes :  l’Ukraine serait la base arrière d’un réseau de pédophilie international qui accueille des laboratoires secrets américains pour préparer une nouvelle vague de COVID dans le cadre de l’instauration d’un nouvel ordre mondial. Le conflit serait aussi mis en place pour assurer la réélection d’Emmanuel Macron. D’autres conspirationnistes deviennent de véritables relais de la propagande du Kremlin.  On constatait déjà ces tendances prorusses émanant de conspirationnistes durant la pandémie.

Pour l’un des membres du collectif L’extracteur ? l’arrivée de la guerre en Ukraine vient aussi confirmer leur théorie démontrant que le Covid n’était qu’une manipulation car les médias n’en parlent plus du tout. Pour Tristan Mendès-France, spécialiste français du conspirationnisme, ce changement de sujet n’est pas une surprise. Il rappelle que la complosphère est une « coquille vide qui s’agrège autour de l’actualité du moment ». 

(Sources : Le Soleil, 10.03.2022 & Marianne, 10.03.2022)